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contrechamp / ACTUALITÉS

La violence du régime

Dès que la société manifeste l’envie de s’exprimer, le régime est contraint de dévoiler son vrai visage : celui d’une dictature policière brutale.
Comme à chaque tentative de manifestation populaire, le rassemblement prévu avant-hier par l’intersyndicale a reçu un violent accueil. Le pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens, quadrillant la capitale et tenant le siège de tous les points d’entrée dans la capitale : routes, gares, bouches de métro…
La veille, le gouvernement s’enorgueillissait, par la voix de son ministre de l’Intérieur, d’avoir organisé une “fête de la démocratie” à travers la parodie d’élections locales marquées par une nouvelle démonstration de fraude et qui, elle-même, a tourné à l’émeute et à la bastonnade dans plusieurs agglomérations du pays. Comme on le constate, le vernis formel de cette “démocratie” adaptée à l’autoritarisme du régime cède aux premières velléités d’expression citoyenne libre. Cette cosmétique n’est pas destinée à abuser les Algériens, ceux-ci ne pouvant pas être leurrés sur la nature du pouvoir politique ; il est juste là pour accommoder ces grandes démocraties qui commercent volontiers avec les autocraties du tiers-monde tant qu’elles leur évitent le spectacle d’une répression tapageuse.
S’agissant du sit-in de l’intersyndicale, il n’était pourtant question que de revendications sociales. On peut alors imaginer le niveau des représailles qui s’abattraient sur les manifestants lorsqu’il s’agira d’un rassemblement politique ! Il suffit juste de rappeler que depuis l’avènement de Bouteflika, aucune manifestation politique n’a été autorisée à Alger, ni ailleurs, d’ailleurs, pour se convaincre du choix politique d’étouffement permanent de l’expression citoyenne. Le pouvoir est à ce point indisposé par le fait que les Algériens se réunissent et discutent entre eux, que même l’activité d’un café littéraire l’indispose.
Ce réflexe répressif est l’expression de “l’intranquillité” d’un régime qui se sait illégitime et contesté. Sa nature est répressive. Ainsi, la fraude électorale, par exemple, exige de lui une politique de répression policière. Celle-ci a pour fonction de museler la contestation de la fraude, que cette contestation soit immédiate, comme à Annaba, Ouargla, Tindouf et ailleurs, ou qu’elle soit ultérieure au vote quand il s’agira de protester contre la politique menée par le régime avec l’aval des mal élus. Une démocratie factice a besoin d’être défendue par la répression. L’autocratie qui nous gouverne relève de ce genre d’autoritarisme mais qui veut sévir tout en se payant en même temps le luxe du statut démocratique. En plus d’être politiquement intenable, ce système est très coûteux du point de vue gestion. L’usage simultané de la “démocratie” et de la répression fait double emploi : le financement et l’organisation de campagnes et d’opérations électorales, d’un côté, et l’équipement et l’entretien d’imposantes forces de répression, de l’autre.
Mais à la veille de s’effondrer — brutalement, comme il a vécu —, un tel système finit toujours par apparaître pour ce qu’il est : un système de violence.


M. H.


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