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contrechamp / ACTUALITÉS

La voie incertaine du “dialogue”


L’incursion d’étudiants “hirakistes” dans leur réunion d’hier n’a pas intimidé les membres du “panel”. Durant le point de presse couronnant l’installation de la “commission des sages”, ils ont fait part de leur optimisme et leur détermination à parvenir à l’organisation de la présidentielle “dans une démarche consensuelle” et “d’ici à la fin de l’année en cours”.
Le processus qui se dessine consiste en une succession de rounds de dialogue devant aboutir à l’établissement d’un canevas définissant les conditions d’organisation et d’encadrement d’un scrutin pour l’élection démocratique d’un “président de transition”.
On l’appelle ici ainsi parce qu’on prévoit déjà de le lier par un “pacte”. Ce sera une espèce d’engagement minimum pour une “transition systémique” commun à tous les candidats. Ainsi sa structuration achevée, le panel de “médiation, concertation et dialogue” est en phase de se lancer dans sa mission. Mais les “sept conditions” posées par Karim Younes, et qui tiennent en gros à la libération des prisonniers politiques, à l’arrêt de la répression des manifestants, à la levée de la censure sur la presse, audiovisuelle notamment, et au départ du gouvernement actuel, ne sont pas encore satisfaites par le pouvoir. Le chef d’état-major a même délié les deux questions du dialogue et des prisonniers qui, pour lui, ne sont pas politiques.
Ceci pour les conditions qui devaient prévaloir à l’entame du dialogue. Pour la méthode, un panel de “médiation” devrait agir en conciliateur entre le pouvoir et le peuple manifestant dans un processus itératif jusqu’à ajustement des vues respectives. Mais s’il n’arrive pas à lui arracher les gestes de bonne volonté qu’il a lui-même jugés prioritaires, comment fera-t-il pour en obtenir les concessions politiques dont la nécessité va apparaître au cours du dialogue ? 
Au sujet des mesures d’apaisement, Karim Younes dit s’en tenir aux promesses du chef de l’Etat, histoire de ne pas se mêler des rapports de pouvoir internes au régime. Soit. Mais peut-être serait-il utile d’observer que c’est le général Gaïd Salah qui a pris l’initiative de répondre – négativement – à cette requête faite au président. 
Pour l’heure, le panel cache sa panne originelle en s’activant autour de tâches d’auto-organisation. Mais il ne partage pas ses éventuels éléments d’optimisme avec le public. Car ce que l’on ressent, de ce côté-ci du “dialogue”, c’est que le régime n’est pas très conciliant avec le peuple manifestant et qu’il s’est même trouvé le “peuple authentique”, celui pour lequel les marches populaires ne se justifient plus.
Le dialogue, tel qu’envisagé par les différentes initiatives qui se sont succédé et qui – complication supplémentaire – commencent à se concurrencer, exclut toute autre passerelle de sortie de crise que l’élection présidentielle. Si l’on veut les rallier à cette feuille de route, il faudra convaincre les “hirakistes”, et dont chaque partie appréciera l’importance démographique et politique, en quoi le projet de processus électoral “constitutionnel” est plus réaliste que leur revendication de processus transitionnel.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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