Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

“L’acteur et le système”

Bien avant les “révélations” de l’homme d’affaires Achaïbou et de Louisa Hanoune, l’ex-ministre de l’Industrie a essuyé des soupçons de concussion. Sans effet.
Abdeslam Bouchouareb fut un ministre emblématique de la politique oligarchique et prévaricatrice qui a mis les finances publiques dans l’état de faillite qu’on leur connaît aujourd’hui. Depuis son avènement, le régime encore en place exerce une gestion patrimoniale sur les ressources et les biens publics. C’est-à-dire qu’il en dispose comme de ses biens propres et les alloue avec le pouvoir discrétionnaire d’un propriétaire privé. Ainsi, en désignant les opérateurs “élus” à l’importation et au montage de véhicules sans élaboration préalable de critères de discrimination objective, il agit en autorité disposant du droit d’affectation autoritaire de la rente d’importation.
C’est dans ce système que Bouchouareb, et tous les ministres des secteurs économiques et commerciaux ayant servi sous le régime en place ont opéré. Qu’il en y ait parmi eux qui se soient personnellement servis, ce qu’on peut dire, c’est que c’est possible et, pour certains, probable. N’étant pas dans un État de droit, il est difficile d’établir la réalité des agissements de chaque acteur du système. Il suffit de se rappeler les péripéties de l’affaire Chakib Khelil pour se convaincre de l’incapacité de la justice à intervenir dans la vie prévaricatrice du système : de coupable, l’ancien ministre de l’Énergie est passé au statut de victime, sans que la justice ait eu loisir d’aller au bout de quelque procédure.
En réalité, le système est organisé pour assurer la dilution des responsabilités individuelles dans un fonctionnement globalement prévaricateur et où chacun connaît les limites de sa prébende. Il doit juste s’y tenir, d’une part, et respecter le principe conservateur de solidarité du système, d’autre part. Même quand un acteur du système est provisoirement écarté, avec l’espoir de réintégration, il doit honorer la règle du devoir de réserve. Et, s’il n’a pas commis d’infidélité, il bénéficiera de son côté, dans sa retraite temporaire ou définitive, de cette solidarité de système.
Ce système de prébende n’a pas été trop contrarié au long de son règne parce qu’il est prometteur de libéralités. Il ne manque pas d’attrait et a poussé plus d’un à souscrire à sa logique de prodigalité. Mais la politique des faveurs est forcément sélective et fait des déçus. Ainsi, il y a quelque chose d’ironique dans ce que l’action de Bouchouareb au ministère de l’Industrie soit dénoncée, a posteriori, par un membre du FCE, une “association” — c’est son ancien statut — qui, à chaque fin de mandat, réunissait ses membres à l’hôtel El-Aurassi pour un “téléthon” de campagne ! Et qui a contribué et contribue sans discontinuer à la perpétuation d’un régime de favoritisme qui ne s’en cache même pas.
D’une part, le régime est un tout. C’est vouloir le renforcer que d’en cibler des éléments. D’autre part, s’il s’est éternisé, c’est parce qu’il a eu plus de souscripteurs que de dénonciateurs. Les méthodes usitées et les tentations suscitées sont connues. Leur efficacité est avérée.
Quand sa fin surviendra, ce serait encore un échec de plus que transformer alors la vie publique en foire aux réquisitoires.

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER