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contrechamp / ACTUALITÉS

L’Algérie est-elle indépendante ?

Tous les militants du FLN ont demandé à Bouteflika de rester au pouvoir. Et ils sont sept cent mille, selon leur secrétaire général. Mais malgré le nombre, Ould Abbes s’inquiète de ne pas avoir persuadé le Président de rempiler et envisage d’invoquer Dieu, lui et ses militants, pour qu’Il les aide à le convaincre.
Pourtant tout, dans les actions du pouvoir et de ses multiples dépendances, semble indiquer que l’affaire est pliée, le reste n’étant qu’une question de méthode.
Ce n’est pas très aimable vis-à-vis du “peuple”, ce seul héros, d’organiser ainsi le suspense autour du candidat du FLN, sachant que ce “héros, le peuple” ne peut deviner le nom de son futur Président que lorsqu’il connaîtra le candidat du FLN. Et là, il devinera sans erreur possible. Certes, il est possible que le secrétaire général ne sache pas encore qui est ce candidat. Mais le pouvoir le sait. Et il peut donc le lui souffler, ce nom, pour qu’il nous le révèle et mette fin à cette inutile mise en scène préélectorale.
Au moment où, à Oran, le parti, qui a accaparé le sigle du Front de Libération, jouait son vaudeville, Abdelaziz Belaïd, président du Front El-Moustakbal, en meeting dans la région de Tébessa, déclarait : “Pour moi, l’Algérie n’est pas encore indépendante.” Et c’est vrai, quand on y pense. Certes, le gouvernement de la France occupante a négocié avec le FLN, représentant de l’Algérie combattante. La guerre a été couronnée par une négociation qui a donc abouti au principe de l’indépendance de l’Algérie.
Mais c’est à partir de là que les choses ne se passeront plus comme prévu. En fait, les choses ne se passaient déjà pas comme prévu depuis longtemps, depuis au moins le lendemain du Congrès de la Soummam : des parties ont répondu aux décisions de cette réunion en déclenchant une guerre dans la guerre, une guerre de pouvoir dans la guerre de Libération. Et celle-là, la guerre dans la guerre, n’a connu son épilogue qu’après l’été 1962. Le FLN, à la fin de cet été-là, a cessé d’être le lieu de convergence du rêve algérien et l’instrument d’agrégation de l’effort national. Détourné par un clan intéressé par son seul potentiel symbolique, il en fit son… Parti. Unique, pour que nulle contestation organisée ne vienne remettre en cause cette gestion privative de l’indépendance. Et pour cela, les responsables, qui devaient être assassinés, emprisonnés ou exilés, l’ont été. Et les batailles, qui devaient être livrées, ont été livrées, sanglantes parfois.
Le “peuple”, au lieu de récolter l’indépendance, a “gagné” une dictature qui s’est approprié une souveraineté arrachée au prix de sacrifices massifs. Dans ce système, le prestigieux sigle n’est plus le “front” commun ; il sert à distinguer une caste d’Algériens qui détiendrait un surplus de nationalisme parce qu’ils en ont extorqué le symbole, un surplus de nationalisme qui légitimerait leur empire indéfini sur le pays, sur son peuple et sur ses ressources.
À force de triturer ce symbole, Ould Abbes et ses prédécesseurs en ont fait un instrument de mystification d’un cynisme impardonnable. Au point de demander au “peuple” de s’inquiéter qu’un Président, qui s’accroche au pouvoir depuis vingt ans, et qui est malade, refuse de poursuivre son règne !


M. H.


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