Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

L’argent, la politique et les “affaires”

Dans sa déclaration d’avant-hier, le ministre de la Justice, après avoir “précisé” et “mis en garde”, a donné ce conseil : “Il ne faut pas mélanger l’argent et la politique.”
Pourtant, dans sa situation, celle d’un ministre, fût-il de la Justice, contraint d’intervenir pour limiter les effets médiatiques de l’instruction d’une affaire à relents mafieux, il lui devenait difficile de nier le lien entre argent et politique. Dans une histoire qui mêle drogue et corruption à une échelle impliquant des niveaux élevés de décision administrative, argent et pouvoir sont mêlés d’entrée. Louh fait ici ce qu’on fait parfois d’un mal qu’on n’arrive pas à guérir : on l’exorcise. Si les choses étaient si simples et qu’il ne s’agissait que de communication judiciaire, le juge d’instruction ou le procureur en charge du dossier aurait pu s’acquitter de la tâche.
Et comme pour ajouter à la politisation du sujet, c’était, hier, au tour du directeur général de la Sûreté nationale de réagir. Et pas pour rectifier la confusion faite entre son chauffeur et un agent du parc commun. Hamel est venu exprimer sa désapprobation quant aux “dépassements enregistrés lors du déroulement de l’enquête préliminaire”, n’étaient “heureusement des magistrats qui ont pris les choses en main pour assurer le bon déroulement de cette enquête”. Il ne nous dit, cependant, pas qui s’est rendu coupable de ces dépassements et s’ils étaient intentionnels. Curieux mode de communication ésotérique où l’on sait si le responsable s’adresse à l’opinion en général ou à un interlocuteur qu’il évite de désigner !
Les messages sibyllins du DGSN, assurant que “même si nous ne sommes pas directement concernés par cette enquête, la Sûreté nationale va remettre tous les dossiers liés à l’affaire à la justice en qui nous avons une totale confiance”, ne peuvent qu’intriguer… Et pourquoi insister sur “la confiance dans la justice”, normalement évidente de la part de l’institution policière ? Encore plus étonnant, cette sentence : “Celui qui veut lutter contre la corruption doit être propre” ! On ne délivre pas ce genre de lapalissade pour la beauté de la formule.
Dans notre système, si, en temps de crise, les responsables délivrent toujours ces discours abscons qui sont un savant produit de l’équilibre entre l’expression des affrontements internes et le désir de dissimuler le niveau critique de déliquescence de l’État.
Et cette déliquescence vient du fait que la politique s’en est remise à la loi de l’argent. Et de l’argent sale en priorité. Parce que l’argent propre n’a pas besoin de la politique et parce qu’il n’est pas le bienvenu dans la cour puisqu’il ne constitue pas un bon client. C’est en commentant la même affaire, le week-end dernier, que le Premier ministre a rappelé son constat, son aveu, plusieurs fois réitéré, sur l’infiltration de l’argent sale dans la vie politique nationale. En 2011, en effet, il reconnaissait déjà que “les tenants de l’argent sale ont gagné. (…) Mais ce n’est que partie remise”.
Apparemment aux calendes grecques.

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER