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contrechamp / ACTUALITÉS

L’armée, l’alternance et le système

“Le Haut commandement de l’Armée nationale populaire œuvre, sans répit, à définir les repères et les critères objectifs et sûrs, qui consistent essentiellement en le fait de consacrer la tradition d’alternance sur les fonctions et les postes de différents échelons”, déclarait le général Gaïd Salah lors d’une de ses allocutions.
Pour des civils, il y a quelque chose d’impressionnant dans le fait de voir leur armée nationale s’appliquer la règle de l’alternance. S’y engager, en tout cas. Parce que, jusqu’ici, pour les poste de commandement, ce n’était pas la noria. Mais soit ! La transparence dans les modalités de promotion et de succession et dans leur mise en œuvre, ce n’est pas ce qui caractérise les armées en général.
Ceci pour dire que nous n’en demandions pas tant, nous, citoyens dont les institutions civiles, même celles à vocation élective, ne se plient point à cette loi de l’alternance. Il y a un mélange d’ironie et de paradoxe en ce qu’un chef d’état-major parle d’alternance dans un pays où les rares évolutions politiques ont été, justement, le fait de la pression militaire, voire le résultat d’un putsch. C’est l’impulsion de l’armée qui a toujours été à l’origine des “changements” mais c’est le soutien de l’armée qui a ensuite imposé l’immobilité.
Certes, le message s’adresse d’abord aux personnels militaires ; mais comme l’ANP a pris l’habitude d’assurer une diffusion publique aux discours de son chef d’état-major, on peut considérer qu’il nous est destiné aussi. L’intention étant sûrement d’informer les Algériens sur l’état de leur institution de défense.
Mais de savoir que leur armée a abordé des procédures modernes d’accès aux responsabilités les réjouira peut-être mais ne les avancera pas beaucoup en ce qui concerne l’état du système de pouvoir global. La réalité de leur condition politique est que leur Président s’apprête à briguer un cinquième mandat pour boucler son quart de siècle de règne et, au train où vont les choses, pourquoi pas, le dépasser !
Si quelques rares “alternances”, touchant plutôt les vizirs que les califes, s’opèrent parfois, elles se font sur le mode chaises musicales (je te donne le ministère du Tourisme, tu donnes ton ministère de l’Artisanat à celui qui me donne le ministère de la Pêche). Et ce n’est jamais la quête de l’excellence qui les motive.
Malgré un système conçu pour assurer la pérennité des régimes et l’immuabilité des positions de pouvoir, le vice-ministre de la Défense nationale a même osé évoquer du “sang neuf avec lequel grandissent les ambitions des personnels et leur espoir de voir le travail dévoué exclusivement à Allah et à la patrie”. Ah bon ? L’armée “républicaine” est donc aussi armée d’Allah ? Simple rhétorique de piété ou intégration stratégique de l’idée de guerre de religions ? À voir les différences d’âge entre les responsables alternatifs, nous sommes dans la conception où la notion de “sang neuf” n’est pas toujours entendue au sens de “sang jeune”.
Cela dit, et sachant que, chez nous, le fonctionnement militaire a toujours influé sur l’ordre civil, on ne peut que se réjouir de le voir adopter des règles “démocratisantes”.

M. H.


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