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contrechamp / ACTUALITÉS

L’avenir à l’infini

Le faux suspense qui a longtemps entouré sa candidature prend définitivement fin : Bouteflika n’est plus candidat “à 99%”, mais à 100%.
Certes, l’option d’une “continuité sans vote” a bien été envisagée avant d’être rapidement abandonnée, l’opposition alibi n’ayant pas montré sa disponibilité à jouer le jeu. D’un autre côté, un désistement de Bouteflika n’était pas concevable parce que le régime est fondé sur la mise en place d’un rapport d’obédience rattachant chacune de ses composantes directement à la personne du Président. Dans ce système d’allégeances directes, la cohésion du régime dépend de la solidité de ces relations en faisceau entre l’élément central, le Président, et les nombreux éléments périphériques, partis, syndicats, clans, coteries, corporations... Il n’y a pas de cohésion horizontale, en réseau, pour que le régime puisse survivre au retrait de son noyau. Et on ne semble pas avoir trouvé le candidat pouvant susciter le consensus dont il a besoin pour le remplacer.
Alors, même indéfendable, le cinquième mandat s’imposait en ce qu’il évitait au régime le risque d’une implosion dont la potentialité peut déjà se lire dans les dissensions difficilement contenues entre militaires et dans la controverse manifeste entre FLN et RND autour du déroulement des élections sénatoriales. Ouyahia n’a d’ailleurs pas pu contenir le ressentiment qu’il éprouve au sujet des manipulations de ce vote dont il soupçonne le “grand frère”. Et le ministre FLN de la Justice comme le chef parachuté du FLN ne se sont pas fait prier pour lui répliquer à la manière “systémique” : la fraude n’existe que pour ceux qui perdent ! Par la manière
dont il s’est approprié le candidat Bouteflika, “Bouteflika dialna”,
le FLN n’a pas caché sa conception “transitoire” du cinquième
mandat. Il s’inscrit dans l’après-Bouteflika, comme ses partenaires de circonstance. Mais eux,
étant dans l’inconfortable
position de “minorité de la majorité”, fuient l’affrontement avec le parti “majoritaire” et parti du
Président.
Cela dit, nous y voilà donc, à ce cinquième mandat ! Et si le régime, dans sa phase crépusculaire, s’est contraint à une candidature insoutenable démocratiquement et injustifiable du point de vue de l’état de santé de Bouteflika pour se garantir un sursis, ce n’est pas pour rater le coche en perdant les élections.
Mais les élections, arrangées, si elles imposent administrativement leur résultat, ne peuvent pas le légitimer politiquement. Cette fois-ci moins que jamais.
C’est pour cela que le pouvoir maintient le projet d’une conférence nationale du “consensus pour les réformes et les changements”. En réunissant les plus grands pans du vivier politique et social autour d’une espèce de “conférence-programme”, on espère compenser le déficit démocratique que le vote a accumulé en vingt ans de fraude.
Et vingt ans plus tard, Bouteflika refait la promesse oubliée de 1999 : imaginer des réformes de l’État, de la justice, de l’économie… dont il donne, déjà, les grandes lignes. Pour la forme.
Ce qui est plus sûr, c’est qu’après vingt ans d’arbitraire stérilisant, un régime autoritaire et prébendier a eu tout le temps de montrer qu’il n’a pas vocation à réformer. Ni à se réformer.


M. H.


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