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contrechamp / ACTUALITÉS

L’aveuglant attachement au pouvoir

“Ceux qui veulent profiter de la situation et du citoyen à l’approche de chaque échéance politique doivent savoir que le citoyen algérien est attaché à son pays et soutient ses institutions et accorde une importance particulière et inconditionnelle à sa sécurité et à sa stabilité.” C’est  ce qu’a déclaré le ministre de l’Intérieur, jeudi dernier.
Auparavant, le chef d’état-major de l’ANP avait assuré que l’État “ne permettra pas de troubles qui pourraient, je dis bien pourraient, être envisagés par certaines parties prêtes à mettre l’Algérie en danger, pour arriver à leurs fins ou pour sauvegarder ou réaliser leurs intérêts personnels abjects”, avant de dénoncer “l’une des mauvaises pratiques, voire étranges, irrationnelles et inacceptables, à la veille de chaque rendez-vous électoral, que ce soit pour l’Assemblée populaire nationale, les Assemblées communales et de wilaya ou même pour l’élection présidentielle, je dis, à la veille de ces importants scrutins nationaux…”.
Si les deux représentants du gouvernement n’ont pas nommé les parties qui menacent la “stabilité” du pays, ils s’accordent sur le fait que c’est “l’échéance électorale” qui est visée. Par les terroristes ? Par l’opposition ?
Depuis 1995, au moment où le terrorisme était à son paroxysme et que se tiennent des élections  en tous genres, il n’a jamais pu importuner un scrutin. Ce n’est pas d’ici à 2019, à supposer que c’est son souhait, qu’il risque de recouvrer une capacité de nuisance lui permettant de perturber les opérations électorales. Quant à l’opposition institutionnelle, elle n’a aucun moyen d’influer sur le déroulement et sur l’issue de quelque scrutin dans ce contexte de capitulation générale : la rareté du vote est telle que le pouvoir est contraint de remplir lui-même les urnes ! Il refuserait de frauder qu’il ne pourrait pas, tant le niveau d’abstention est scandaleux. Tout ce qu’une force politique d’opposition peut faire de gênant pour le régime, c’est d’ajouter son sigle à la liste des abstentionnistes.
La mise en garde est le moyen que le pouvoir a trouvé de servir sa préoccupation électoraliste. Car, pour lui, un vote tranquille, c’est un vote gagné. Les terroristes, les agitateurs de circonstance et autres empêcheurs de voter en rond menacent notre “démocratie”, nous dit-on. Ce serait donc à nous, bons citoyens, de nous positionner du bon côté du clivage, le côté de l’élection.
Mais voici qu’au lendemain de ces alarmistes avertissements, des groupes islamistes, non armés mais bien résolus, sont sortis empêcher des spectacles en différents endroits du pays, faisant la démonstration que l’intégrisme a accentué son ascendant sur la société et que la passivité des pouvoirs publics face à ses audaces est intacte. Maintenant qu’il y a de vrais troubles menaçant la perspective historique du pays, le pouvoir fait semblant de ne pas voir. Point de mises en garde !
Alors que, depuis vingt ans, le mouvement de “stanisation” du pays s’accélère sous leurs yeux, les clans ne se soucient que de leur prochain vote, leur prochain mandat. Comme ivres de leur dérive, ils en redemandent, indéfiniment : encore un !


M. H.


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