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contrechamp / ACTUALITÉS

Le bilan

Le développement économique, les grands projets d’infrastructure et la paix : telles sont les “réalisations” par lesquelles le FCE justifie son appel à un cinquième mandat. Comme si le parti du patronat avait besoin d’arguments programmatiques pour soutenir le régime dont il relève organiquement.
On le savait depuis que le FLN a entrepris de confectionner un bilan bi-décennal pour Bouteflika, le FCE vient de le confirmer : Bouteflika et son clan ont fait de leurs “réalisations” leur  “stratégie de défense” pour 2019.
Vingt ans de développement pour en être toujours à 3% d’exportations hors hydrocarbures, à importer 60% de son alimentation et à faire du montage en guise de production ? Haddad a de l’aplomb de pouvoir brandir le trophée de l’autoroute quand le tronçon qui lui en a été confié n’en finit pas d’être refait !
Dans quelle filière industrielle ou technologique parmi celles qui structurent l’économie mondiale l’Algérie a-t-elle pris sa place ? Le montage automobile à 3% d’intégration ? Que peut-elle produire sans recourir à l’importation massive d’intrants ? Comment s’y prendra-t-on le jour où on n’aura plus l’argent du pétrole pour faire de “l’importation déguisée” ?
Un pouvoir qui ne voit pas plus loin que l’échéance électorale prochaine doit certainement mépriser l’idée même de perspective. Quand Ould Abbes déclare, au nom du régime, “refuser le saut dans l’inconnu”, l’inconnu, pour lui, c’est tout autre président que Bouteflika. Il ne voit pas plus loin que mai 2019. Le vrai saut dans l’inconnu, celui qui surviendrait, peut-être juste après 2019 ou peut-être quelque temps après, il ne s’en soucie point. Le long terme, pour le pouvoir, ne se conçoit que dans les documents de prospective qu’il commande souvent à des bureaux d’études étrangers pour se donner des airs d’autorité prévoyante.
Mais sa vraie gestion, c’est l’improvisation. Il a, bien sûr, dépensé, avec l’insouciance d’un régime submergé de ressources, dans des projets rendus plus onéreux par le fait qu’ils constituent aussi un canal de répartition clanique de la rente.
Quant à la paix… avec les islamistes, disons-le, ce n’est qu’une illusion : le terrorisme continue à faire les dégâts que lui permettent ses moyens ; comme le montre la mobilisation de leurs familles, la question des disparus n’est pas épuisée ; et les victimes du terrorisme n’ont pas, toutes, oublié. Les islamistes ne connaissent  d’autre “paix” que celle des cimetières et celles de leur passagère impuissance. La preuve, quand ils trouvent le moment propice à se soulever pour interdire les spectacles, ils le font et y arrivent dans bien des cas. Les salles de spectacle sont, avec quelques bouts de plage, quelques hôtels et quelques bars, les derniers espaces que l’intégrisme ne régit pas encore. Ailleurs, l’espace public, l’école, l’université, les lieux sociaux comme les administrations, les entreprises, et même les casernes, c’est l’autorité de la règle islamiste.  
Les traces de la République ne subsistent que dans les en-têtes de documents officiels. C’est cela le bilan du régime. Celui d’avoir précipité le pays, État et société, dans l’impasse culturelle ?
Une impasse qui ne lui laisse que l’alternative de sombrer dans un avenir de “stan” ou de s’en échapper au prix de déchirures insoutenables.

M. H.


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