Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Le Cnapeste, la tutelle et les “hautes autorités”

Ainsi, le Cnapeste a mis fin à sa “grève illimitée” parce qu’il aurait reçu des “assurances” des “plus hautes autorités”.
Après, ses dirigeants pourront ajouter, pour sauver la face morale, qu’ils ont repris le travail “parce que les élèves commençaient à sortir dans la rue”. Des élèves qui, dans certains établissements, ont été poussés par leurs enseignants grévistes à sortir pour exprimer leur refus d’être pris en charge par des professeurs remplaçants. Mais des élèves qui, parfois, refusent d’être repris par des enseignants qui les ont délaissés pendant plusieurs semaines et qui, souvent, leur vendent des cours de rattrapage afin de compenser le retard accumulé du fait de la grève !
Le mouvement, glissant de wilaya en wilaya, s’est subitement généralisé. Ses revendications n’ont pas été assez clairement formulées, du moins pas toujours comprises par l’opinion générale. En face, on entendait des réponses de principe aux demandes qui semblent avoir été devancées par l’action. L’affaire ne pouvait que se compliquer et finir en queue de poisson.
Il y a de fortes chances que le “dialogue” d’aujourd’hui ne serve qu’à remettre le problème à plus tard. Ne serait-ce que parce que le Cnapeste semble avoir négocié ailleurs et n’avoir donc rien à attendre de cette rencontre puisque la question — on ne sait plus laquelle — a été tranchée par “les plus hautes autorités” et des “assurances” ainsi obtenues. À moins que le ministère ne soit là que pour mettre en œuvre les “assurances” évoquées. La ministre ne devrait avoir, en effet, rien à ajouter, ni à retrancher, à des engagements arrachés aux “plus hautes autorités”. Ainsi donc, la revendication sociale de nos enseignants a emprunté des voies souterraines passant sous le ministère de l’Éducation nationale — qui n’est pas une autorité supérieure — et conduisant à une instance culminante que le Cnapeste refuse de nommer pour l’instant.
C’est un drôle de fonctionnement que celui de notre État : plus c’est haut, plus c’est opaque. Et un grand syndicat, qui, durant des semaines, communiquait sur sa grève et ses revendications pour populariser sa cause, annonce avec triomphe avoir réglé son problème par l’entremise de ces pratiques anti-institutionnelles. Ainsi fonctionnent les collectifs d’enseignants de l’école publique, des fantassins de la République : ils accablent la tutelle de blocages et concluent un accord avec une autorité anonyme.
Qui sont ces “plus hautes autorités” ? Le Premier ministre ? Le Président ? Mais non, si l’on n’ose pas nommer des institutions par leur nom, c’est qu’il s’agit de personnages qui n’ont, en théorie, rien à faire là et qui s’octroient ou se voient octroyer la prérogative d’agir en “haute autorité”. C’est l’ultime leçon d’une grève observée par des éducateurs : en politique, et le social est politique, le dialogue institutionnel transparent a, depuis longtemps, laissé place aux conciliabules furtifs avec des autorités fantômes.  
Cet esprit de “réconciliation nationale” a l’avantage, pour les protagonistes du conflit, de présenter comme un triomphe l’acte de faire la paix sans se retourner sur leurs dégâts.


M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
1 réactions
Argaz le 04/03/2018 à 0h42

Un ministre qui ne sait pas se faire respecter ne peut malheureusement pas respecter son vis-à-vis. Par ailleurs, il existe aussi ce phénomène bien ancré dans le subconscient de nous autres algériens qui consiste à ne prêter crédit et une oreille attentive qu'à celui qui représente à nos yeux le pouvoir direct de décision. Sur ce, le Cnapeste n’a pas dérogé à cette règle.

Commentaires
1 réactions