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contrechamp / ACTUALITÉS

Le consensus pour l’insalubrité

Le ministère de l’Agriculture dément les pratiques d’irrigation par des eaux usées. L’Algérienne des eaux insiste sur la potabilité de l’eau du robinet. Jusqu’aux marchands de pastèques et aux riverains de la source de Sidi El-Kébir qui font des démonstrations filmées de leur audace ou de la salubrité de leur fruit et de leur eau, on ne sait plus.
Le secteur de la santé, qui intervient à fin de processus, a fait montre d’une totale impréparation devant l’avènement d’une situation épidémique. Mais pour autant, il n’est pas responsable de l’apparition de la maladie ; il est responsable de la manière d’y réagir. Car, en gros, la maladie en question est une maladie de la saleté. Et, de ce point de vue, la responsabilité de la calamité est largement partagée : la défaillance de l’État et ses institutions, les collectivités locales et leurs services, les citoyens…
Le plus frappant est dans cette manière dont la plupart des “citoyens” agressent leur environnement : détérioration des installations, pollution de la nature et destruction du milieu. Et quand nous ne participons pas à cette pollution active dont nous sommes déjà massivement adeptes, nous adoptons un comportement anti-écologique qui se caractérise par une coupable indifférence devant les faits de dégradation et de salissure commis par nos voisins, par nos proches, par nos enfants et par nos compatriotes en général. Quand nous ne salissons, nous laissons salir.
L’État n’est pas plus incommodé par cet incivisme écologique. Pour fuir sa responsabilité, il nie jusqu’à l’existence de cette délinquance écologique, comme le fait le ministère de l’Agriculture, pour ce qui concerne son secteur.
Déjà qu’on ne se soucie point de la souillure des bords de routes, transformés en décharge continue, quel espoir que l’État s’inquiète un jour de ce qui se passe au-delà du talus ?  Avec des agents qui ne descendent plus de leurs véhicules, ce n’est pas demain que l’ordre public touchera les campagnes. A-t-on déjà croisé un garde forestier dans un sous-bois ou vu un représentant de l’Agriculture, en bottes, arpenter un champ ?
Le ministère de l’Industrie décourage-t-il les industriels de s’épargner les dépenses pour les installations d’assainissement de leur rejet ? La zone industrielle Rouiba-Reghaïa assume dans une impunité crasse la pollution pestilentielle du “lac” de Reghaïa et du littoral qu’il empoisonne.  Et le ministère des Transports ou celui de l’Énergie qui, par sa politique des prix, encourage la consommation du gasoil aux dépens de l’essence !
La détérioration soutenue de notre milieu constitue le seul vrai pacte Société-État. Le pays est traité comme un far-west : que celui qui veut se serve, pourvu qu’il ne touche pas aux patrimoines personnels. Alors que la contrebande nocturne de sable mérite, à elle seule, un état d’urgence écologique.
Et avec cela on se permet le financement d’un ministère de l’Environnement sans autre prérogative que d’approuver l’exploitation débridée de notre nature, comme il l’a fait pour le projet d’extraction de gaz de schiste.
Notre pouvoir apprécie toujours ces états de consensus avec son peuple.
Même les plus maléfiques. C’est cela la philosophie de la réconciliation : la paix justifie les moyens. Et les dégâts.


M. H.


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