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contrechamp / ACTUALITÉS

Le consensus, un subterfuge politique creux

En ces temps de torpeur, c’est le MSP qui assure l’animation de ce qui nous tient lieu de scène politique. Il n’est plus dans l’alliance présidentielle ou ne l’a pas encore réintégrée ; il est donc bien placé pour servir d’entremetteur.
Les échanges tournent autour du “consensus comme moyen de sortie de crise”. Thème salutaire quand, pour éviter de constater le désaccord, il faille ne s’accorder sur rien. Le slogan du consensus a eu son heure de gloire dans les années de sang.
L’offre de consensus a l’ambition de compenser l’impuissance des acteurs politiques officiels à initier et à entretenir une dynamique politique. Faute d’objectifs de société que traduiraient des programmes et faute de bases populaires mobilisables, les partis inventent… une crise dont la solution passerait par la contribution de chacun à un pouvoir temporaire de sortie de crise. Or, la crise n’est pas tant dans le nombre réduit  des partis associés à la gestion de l’État. Bouteflika l’a fait : à partir de 2000, ses premiers gouvernements et “majorités” comptaient l’essentiel des partis en vue à l’époque. Et “en vue” voulait dire qu’ils jouissaient alors d’une base militante et électorale. C’est d’ailleurs ce consensus passager qui a aidé Bouteflika à engager le pays dans un processus politiquement autoritariste, culturellement régressif et économiquement ruineux, qui se poursuit encore !
Le FFS, qui a longtemps détenu le brevet d’invention du consensus et de la réconciliation ne s’est pas trompé sur les intentions chapardeuses du MSP. S’il a accepté de rencontrer l’ex-Hamas à ce sujet, c’est pour mieux dénoncer son OPA sur un élément important de son fonds de commerce héréditaire. Déjà que le PT lui a chipé l’idée de “Constituante” qui a longtemps… constitué un élément caractéristique de son discours.
Et pour expliquer l’antériorité dans l’adoption du concept de consensus, le parti d’opposition pionnier se réfère à l’expérience révolutionnaire de l’Algérie “qui a triomphé du colonialisme grâce à un consensus national et populaire contre l’adversité”.
Ce qui est faux, bien entendu. Le CRUA-FLN est parti en guerre sans attendre quelque consensus des forces politiques du moment qui, même si elles étaient majoritairement gagnées à la cause de l’indépendance, n’étaient pas nombreuses à être acquises au déclenchement, à ce moment-là, d’une guerre de libération. Le FLN a procédé par dépassement de l’état politique du mouvement national. Ceux qui ne voulaient pas se voir laissés sur le quai par le train de l’histoire n’avaient que le choix de rallier le FLN. D’ailleurs, certains ralliements ont mis du temps. Et si le CRUA avait attendu un hypothétique consensus, la guerre n’aurait pas éclaté, en tout cas pas en 1954.
Au demeurant, le consensus était si parfait qu’à peine le mouvement de ralliement parachevé, en 1956, justement, que commencèrent les guerres fratricides dont on vit encore les prolongements.
En politique, le concept de consensus est creux, voire dangereux. Il ne peut pas remplacer le processus délibératif et électif, la démocratie. Ce n’est pas au moment où le pays souffre terriblement d’un manque de démocratie, qu’on lui propose encore une entente d’états-majors !


M. H.


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