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contrechamp / ACTUALITÉS

Le contrôle politique par la religion

Le ministre des Affaires religieuses a demandé aux imams algériens d’investir la Toile. Le propos est de contrer les exégètes divergents, en général, et les interprètes intégristes, nationaux ou étrangers, en particulier, qui foisonnent sur les réseaux sociaux.
La première observation qui s’impose est que, donc, l’harmonie règne dans l’islamosphère. La discorde ne se manifeste pas seulement dans la guerre de communication confessionnelle, puisque, sur le terrain, les musulmans s’étripent fraternellement.
Quand on voit la tournure tragique et barbare qu’il prend parfois sur le terrain, on ne peut que se réjouir que ce débat religieux migre vers le Net où les affrontements seraient moins violents. Qu’ils fassent exploser la blogosphère ! Les espaces publics réels n’en seront que plus tranquilles.
Mais les imams n’entendent pas s’acquitter gratuitement de cette nouvelle et noble mission. Nos prêcheurs fonctionnaires sont syndiqués et certains de leurs leaders ont déjà demandé que l’État leur finance cet effort supplémentaire. Outre que le prosélytisme 2.0 demande des moyens et de la peine, il faut savoir que nous ne sommes plus au temps où la propagation de la bonne parole relevait du sacerdoce !
La démarche est probablement commune à tous les États musulmans : le formatage religieux du citoyen constitue, pour eux, une préoccupation prioritaire. Et c’est ce qui empêche leurs régimes d’évoluer politiquement : le recours massif à l’argument religieux pour imposer leurs vues complexe les opposants les plus libertaires qui, à leur tour, font de même, et la pensée démocratique s’en trouve progressivement évincée du débat public ! Dans le monde musulman, la religion est littéralement réquisitionnée pour réfuter le discours positiviste et la revendication rationaliste. Et, surtout, pour le rendre inaudible à des générations formées à la certitude sacrée qui bannit la contradiction. En Algérie, le pouvoir emploie toutes les institutions dans cette tâche de formation du pieux citoyen uniforme. Partie intégrante du programme scolaire, la formation religieuse se poursuit dans les médias, les mosquées et les… institutions politiques où élus et responsables ne peuvent plus émettre un discours sans l’incruster de référents religieux.
Il pense même qu’il est déjà arrivé à créer sa société modèle puisque, de plus en plus, les imams officiels remplissent l’ancienne mission des commissaires politiques et se voient mobilisés dans des campagnes d’explication de décision politique. Ils ont eu à pousser les fidèles à remplir leur devoir citoyen d’électeur. Et leur dernière intervention en date a concerné la justification de l’officialisation de la fête de Yennayer.
Les régimes autoritaires, qui, généralement, y sévissent, disputent cette fonction politique du religieux aux forces islamistes qui les contestent. Dans une guerre perdue d’avance, parce que dans un processus de surenchère, c’est toujours le tenant d’une plus grande radicalité qui l’emporte.
C’est pour cette raison que l’avenir de la démocratie en terre d’islam est dans… l’islamisme.


M. H.

 


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