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contrechamp / ACTUALITÉS

Le dialogue se débat


à mesure que le panel se constituait, ses membres n’ont eu de cesse d’insister sur la vocation de simple intermédiaire de leur instance. Ce serment est d’abord contredit par la composition de l’instance. Une majorité de ses éléments activent dans des structures de soutien de l’ancien régime ou ont, individuellement, accordé leurs carrières au règne de ce régime. 

Il est ensuite contredit par le préalable “apolitique” qui tente de réduire ce dialogue aux seules questions de procédures électorales. Reprenant la position du pouvoir, le panel vient clairement discuter des moyens de parvenir à organiser “une élection présidentielle dans les plus brefs délais”, “avant la fin de l’année en cours”, a-t-on fini par préciser. On aura ainsi “dépolitisé” le dialogue. Pourtant, on entend bien le hirak exprimer sa défiance quant à la possibilité d’une élection démocratique sous les auspices d’un gouvernement résiduaire de l’ancien régime. Le peuple ne semble pas croire en l’efficacité démocratique de la simple intervention d’une instance extra-gouvernementale dans l’organisation d’un scrutin. De ce fait, il pose son préalable, qui, d’ailleurs, est antérieur à l’option “électorale” du régime : la mise en œuvre d’une transition de rupture. 
Mais le panel, comme le pouvoir, n’appréhende pas cette revendication comme “discutable”. Elle n’est, d’entrée, pas recensée comme option à débattre et est rejetée comme “irréaliste” de la part du pouvoir et comme “dangereuse” de la part du panel. L’astuce, dans ce processus de disqualification des revendications du hirak, étant de ne plus considérer le hirak comme l’expression du peuple dans sa globalité, mais comme “des parties” aux intérêts, voire aux calculs douteux. Ce qui amène Karim Younès à disposer, avec l’assurance du procureur des consciences, que “les parties qui refusent le dialogue cherchent à brûler le pays et à le conduire vers des situations dangereuses” !
Outre qu’il s’exerce là, et à son tour, à l’épouvantail du “moi ou le chaos”, il fait semblant de ne pas voir que le problème n’est pas dans le dialogue mais dans l’objet du dialogue. Pourtant, le panel comme le pouvoir, sait que ce ne sont pas “quelques parties” qui revendiquent une forme de transition constituante. Outre cette menace tautologique – hors l’élection point de salut –, il y a quelque chose de vicieux dans cette démarche consistant à minimiser la représentativité de ceux-là mêmes qu’on invite à dialoguer, à les accabler d’autorité de vouloir “mettre le feu au pays” et à concéder en même temps que “celui qui ne veut pas dialoguer est libre” et que “nous n’obligerons personne à négocier avec nous par la force”.
Ah ! Parce qu’au panel aussi on peut utiliser la force ? Et on y a pensé !? Parce qu’à vrai dire, il y a déjà assez de force effectivement engagée dans la répression du mouvement populaire et dans les actions visant à étouffer les marches, à museler la presse et à décourager les marcheurs. Pendant que le discours du dialogue s’emploie à brouiller le débat et les enjeux, c’est l’option autoritaire qui transparaît, en effet, à travers l’action concrète du pouvoir.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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