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contrechamp / ACTUALITÉS

Le lanceur d’alerte

Le ministre du Commerce n’en finit pas de nous faire peur. Il découvre, ou fait semblant de découvrir, toutes les défectuosités économiques d’un régime qu’il sert depuis de longues années : la monnaie nationale est faible parce qu’elle ne constitue pas de contrepartie d’une richesse produite ; la capacité du pays à importer diminue parce qu’il n’a rien d’autre à vendre que son pétrole…
Il n’y a pas longtemps, c’est le mépris qui était le lot des lanceurs d’alerte au sujet d’une gestion rentière de ressources nationales entièrement orientée dans le sens du monopole politique de la décision économique et d’un assujettissement alimentaire de la population. Confortablement installé sur un matelas de réserves de change sans cesse épaississant et ébloui par un cours du baril indéfiniment ascendant, le régime se moquait des prédications des apôtres de l’après-pétrole, des adeptes de l’économie de production, des défenseurs de l’investissement démocratisé et des critiques d’une politique sociale dilapidatrice.
L’importation faisait alors office de frein au développement d’une économie de production. Et “les programmes de soutien à la croissance” servaient à engraisser l’oligarchie naissante biberonnée au budget d’équipement.
Dans sa gestion privative du patrimoine, le pouvoir ne s’est pas interdit de gratifier ses “amitiés” sur le compte du domaine public. Des terrains, des financements et des autorisations d’investissement ont été servis aux seuls nationaux privilégiés et aux “frères” d’Orient. Et même les plus favorisés des promoteurs algériens ne pouvaient pas prétendre à des assiettes de terrain à Sidi Fredj ou Sidi Abdallah ! L’affaire de la SNTA, médiatiquement à l’ordre du jour, est significative de la manière dont ce potentiel a été en partie soldé.
Le développement d’une économie productive et concurrentielle aurait nécessité la démocratisation de l’économie. Et la démocratisation de l’économie aurait contraint le pouvoir à s’en tenir à sa fonction de régulation. Ce qui n’est pas compatible avec le logiciel d’un régime qui ne peut souffrir l’épanouissement que de “ses” entrepreneurs seuls.
Pour ne pas changer, il s’est accommodé de sa confortable “autosuffisance rentière” pensant qu’elle lui évitera éternellement de céder la fonction économique à la société. Ainsi, à l’intérieur, il peut s’assurer la dépendance des riches comme des pauvres. Chaque fin d’année, l’annonce des niveaux de réserves de change et du solde du fonds de péréquation tient lieu de discours sur l’état de la nation. Nous sommes rassurés et le pouvoir est rassuré de nous voir rassurés. À l’extérieur, il peut faire valoir son statut de grand client. En plus d’être pionnier de la lutte antiterroriste. Une vraie rente diplomatique pour contribuer à compenser le déficit de légitimité démocratique.
De notre côté, nous sommes accommodés de cette existence socialement dépendante. Mais le peuple n’a pas inventé le système comme semble l’en accabler le ministre du Commerce. Il aurait peut-être été plus indiqué d’adresser ses tardives alarmes à son régime.

M. H.


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