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contrechamp / ACTUALITÉS

Le Maghreb, une nécessité contrariée

Notre ministre des Sports nous fait miroiter “l’organisation d’une Coupe du monde à trois (Algérie, Tunisie, Maroc) pour 2030”.
La rue algérienne doit en être, certainement, ravie. Le football et la religion constituent les domaines à travers lesquels la foule ressent un peu de considération de la part des autorités. Et là, elle apprécie de voir le pouvoir anticiper ses envies à travers un Ramadhan bien approvisionné, des passeports de hadj supplémentaires et une équipe nationale gâtée. L’entraîneur national de football est le seul responsable que l’opinion publique arrive à destituer !
Pourtant, ce n’est pas le moment de parler de Coupe du monde : la faiblesse de notre championnat et l’inadéquation de nos structures sont criantes !
Ce n’est pas le moment de parler de Coupe du monde et encore moins de Coupe du monde à trois. Ne serait-ce pas un singulier paradoxe que deux nations dont la frontière terrestre est fermée, s’entendraient, quand même, pour co-organiser une manifestation sportive internationale sur leurs territoires réunis ?
Ce genre d’élucubrations correspond bien à la fonction strictement propagandiste de l’idée de Maghreb telle qu’elle a toujours été – et reste – manipulée par les régimes des pays concernés. Pour, à la fois, vouloir le Maghreb et savoir l’attendre longtemps, nous avons besoin d’être effrayés par “les plans qui menacent nos frontières”, d’une part, et de l’illusion de grand Maghreb fraternel, d’autre part. Dans la durée, et à cause de ce discours, le peuple est soumis aux effets déstabilisants de la douche écossaise récursive : dans la même revue de presse, il a droit aux dernières infamies “du Makhzen” et au dernier message fraternisant et prometteur du roi ou du président ! De l’autre côté de la frontière, le propos n’est pas plus tranché. Et la masse est sommée de reproduire le discours belliqueux des responsables entrecoupé de fraternisations de circonstance.
Maghreb, je t’aime, moi non plus ! Et pour cause : les castes qui détiennent le pouvoir local dans chacun de ces pays n’ignorent pas qu’un rapprochement politique viendrait d’abord renforcer les peuples de la région. Des régimes autoritaires comme ceux qui sévissent au Maghreb n’ont individuellement pas intérêt à y créer les conditions d’une solidarité entre leurs peuples. On peut imaginer ce qu’aurait été l’histoire de lutte identitaire ou ce qu’aurait été la version maghrébine unitaire du “printemps arabe”, si le contexte permettait aux forces sociales et politiques locales de communiquer et de se solidariser…
Non, les autocraties maghrébines, au lieu de courir ce risque, préfèrent retarder le destin maghrébin et nous aveugler avec le mirage d’une Coupe du monde. Elles peuvent ainsi emprisonner les militants, comme Merzoug Touati et d’autres blogueurs ou comme Nasser Zafzafi et les leaders du “hirak”, dans l’intimité nationale respective.
L’idée de Maghreb est contrecarrée par ceux-là mêmes qui ont le devoir – et qui, parfois, font semblant – de la concrétiser.

M. H.


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