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contrechamp / ACTUALITÉS

Le mandat de trop est passé

Trois “anciens” du système demandent qu’on s’oppose à un cinquième mandat de Bouteflika. Pour la raison que ce n’est plus lui qui dirige mais son “entourage familial” et “un groupe de puissants oligarques”.
Si ce n’est que cela, pourquoi ne pas souffrir la gestion de “son entourage familial” et du “puissant groupe d’oligarques” qu’il a formés ? Après tout, cette régence, c’est lui qui l’a préparée et, dans ces moments où ils l’“exhibent”, il semble assumer leur intérim. Après vingt ans de règne marqué par l’arbitraire, on ne trouve à reprocher à Bouteflika que “son état de délabrement physique qui ne laisse aucun doute sur son incapacité à gouverner”. Passe donc pour vingt ans et quatre mandats d’abus de pouvoir, d’accaparements en tous genres, de dilapidation frénétique, de régression culturelle soutenue… mais au-delà, ce serait le mandat de trop parce que, désormais, on gère à sa place ?
Ce genre d’appel, d’où qu’il vienne, comme diraient d’autres, a aujourd’hui quelque chose d’obsolète. Il faut ne point mesurer l’ampleur des dégâts infligés au pays pour réduire la question politique actuelle à une question de fin ou de continuité de la présidence Bouteflika. Mille milliards de dollars de recettes pétrolières en quinze ans, mais l’Algérie est réduite à s’endetter au bout de deux ans de baisse du prix du baril ; quinze ans passés à anéantir les petits acquis démocratiques décrochés de haute lutte, à commencer par le principe d’alternance au pouvoir ; quinze ans de gommage de libertés arrachés par de douloureux sacrifices (liberté d’association, liberté d’expression, liberté de manifester, etc.). La société a été livrée à la terreur de vigiles obscurantistes qui s’attellent à la mettre sur la trajectoire de la régression. L’école est négociée avec les forces rétrogrades par un pouvoir effarouché par le moindre froncement de sourcil de prédicateur. Sans compter le tragique précédent de  la “réconciliation nationale” qui n’est pas le moindre des dommages causés par ce régime : en instituant le principe d’immunité qui protège les bourreaux de leurs victimes, sa “charte” dépose une bombe à retardement sur le chemin de la cohésion nationale.
Et il n’y a pas que les terroristes à avoir arraché ce pernicieux privilège d’impunité : la mafia politico-financière, sûre de son fait, commence à faire dans la barbouzerie contre ceux qui tentent de lever le voile sur ses recels.
On pourrait croire qu’avec un tel bilan, le régime se sentirait en état d’illégitimité, une illégitimité aggravée par la maladie de son chef. Et qu’il pourrait entendre un appel comme celui qu’on évoque ici. Mais non : il a justement structuré l’État pour que sa pérennité (du régime) ne dépende ni de ses “réalisations” ni des préjudices qu’il a commis. La fraude électorale intégrale a transformé le vote en vrai mode de cooptation ; ainsi, le pouvoir peut modeler le paysage politique officiel à sa guise. Quant à la société, quinze ans de “gestion financière de la paix civile” l’ont transformée en société de consommation au sens littéral. L’accueil “populaire” de la “salutaire” planche à billets illustre cette connivence État-société dans la stratégie de la fuite en avant ! Encore un mandat !

M. H.


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