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Le “mauvais œil” de Moscou


Dans le genre démocratique, Poutine n’est pas un étalon. Il n’est pas, non plus, un modèle de probe gouvernance.
Pour cette raison, Bensalah pensait peut-être le tranquilliser en allant l’assurer que l’Algérie est encore loin de succomber au choix démocratique et que la “situation est maîtrisée”. C’est, d’abord, la démarche en elle-même qui a dû arracher ce sourire narquois à un président russe qui, au vu des échanges, n’avait ni demandé ni attendu un tel compte rendu. Son irrépressible rictus s’explique aussi par le fait que le Kremlin doit être loin d’ignorer la consistance du mouvement populaire et les difficultés d’un régime qui, parce qu’il est en déroute politique, n’a plus que ses capacités répressives à faire valoir.
La réplique de Poutine prend alors des allures de mise au point. “Nous savons que des événements politiques très importants sont en cours en Algérie”, commence-t-il par corriger. Avant d’avancer la position de son pays, clairement respectueuse des aspirations qui animent le mouvement populaire algérien : “Nous souhaitons sincèrement que le peuple algérien surmonte les difficultés de la période de transition. Nous sommes persuadés que tout se déroulera de manière à ce que le peuple algérien en profite, qu’il renforce son État et sa souveraineté.” 
Poutine a-t-il évolué dans ses convictions politiques ou dans ses conceptions géopolitiques ? En tout cas, c’est bien d’un peuple qui veut réhabiliter son État et reconquérir sa souveraineté qu’il s’agit. Et c’est sur cette peu glorieuse image d’un représentant d’une dictature du tiers-monde venu chercher la caution de sa politique auprès de la puissance parraine que Bensalah s’est envolé pour Bakou, où il devait assister au sommet des… Non-Alignés.
Après la rédaction d’une loi sur les hydrocarbures supervisée par des multinationales pétrolières, l’épisode de Moscou constitue un nouveau signe de la nécessité, pour le peuple, de se réapproprier sa souveraineté.
On ignore de quelle “maîtrise de la situation” parlait notre chef d’état par intérim en s’adressant au président russe. Mais s’il s’agit d’ordre public, c’est bien le peuple manifestant qui a fait le choix de s’imposer un pacifisme absolu, malgré les actions d’étouffement, de répression et de provocation qui, par moments et par endroits, n’ont pas manqué. S’ils n’étaient que “quelques éléments” à manifester, le problème ne se serait pas posé et leur cas n’aurait pas eu besoin d’être évoqué dans une rencontre de si haut niveau.
Comme pour dénoncer cette démarche sécuritaire, le Syndicat national des magistrats (SNM) vient d’appeler à une grève. Les magistrats ne semblent pas disposés à jouer plus longtemps le jeu d’une répression judiciaire du hirak. En effet, si le SNM avance des revendications corporatistes, c’est bien le slogan d’une “justice libre et indépendante” que les magistrats présents à la réunion ont scandé. 
Après la disqualification de la “judiciarisation” de leur combat politique par les détenus d’opinion, c’est aux magistrats de rejeter l’implication politique de leur institution.  
Cette manière de “maîtriser la situation”, associée à une fuite en avant électorale, semble être, à son tour, parvenue à ses limites. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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