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contrechamp / ACTUALITÉS

Le militaire et le politique, la poule et l’œuf

Dans son message du 1er Novembre, Bouteflika a souhaité que l’institution militaire soit “tenue à l’abri des surenchères et des ambitions politiciennes”.
C’est un curieux vœu du Président. Celui-ci vient inverser la réalité historique. Car, historiquement, c’est l’armée qui a pris l’initiative d’un coup d’État politique. Elle l’a fait après que la question du primat du politique sur le militaire a été tranchée (ainsi que la question du primat de l’intérieur sur l’extérieur) au premier Congrès du mouvement de Libération nationale, en août 1956. Avant de passer au viol du texte fondateur de la forme d’État algérien, des responsables de l’armée des frontières ont assassiné son principal inspirateur, Abane Ramdane, en décembre 1957. L’autre symbole de l’option “civile” de pouvoir en Algérie, Larbi Ben M’hidi, avait été exécuté par l’armée coloniale en mars de la même année.
Quand, à l’indépendance, les militaires et “l’extérieur”, figurés par l’armée des frontières, ont parachevé leur prise de pouvoir, des “politiques”, comme Ben Bella et d’autres, ont été tentés de prendre place dans “les chars” conquérants.
L’avènement du multipartisme n’a rien changé à la militarisation du pouvoir entreprise en pleine guerre de libération. Même sincère, la tentative de rupture “systémique” du lendemain de la révolte d’Octobre 1988 a échoué.
L’ancien régime a profité de l’irruption opportuniste de l’islamisme destructeur pour se restaurer dans une Algérie en partie terrifiante et en partie terrorisée. Et l’intermède Boudiaf passé, le pouvoir retrouva son fondement militaire. Il reconstitua l’alliance, un moment dissoute, qui, depuis l’indépendance, associait le nationalisme militariste et le panarabisme baâthiste. Politiquement, l’assassinat de Boudiaf aura été la réplétion de l’exécution d’Abane. Il a inauguré la relance de l’autoritarisme policier. Mais pour ne pas se départir de l’engageante étiquette de pouvoir “civil” et “démocratique”, il conserva le principe du pluripartisme et de l’élection.
Il ne lui restait qu’à se “réconcilier” l’islamisme en insurrection. Le FIS, ayant constaté la faiblesse de l’État à la lumière de sa pratique politique et subversive, avait, en effet, été tenté par une conquête du pouvoir total. La résistance de certaines institutions et de certaines catégories de citoyens l’en empêcha et contraint l’islamisme armé à négocier avec le pouvoir.
Depuis, le pouvoir Bouteflika, de source militaire traditionnelle, s’attribue la légitimité d’avoir “réconcilié” l’islamisme, un temps “égaré”, avec cette “république” pré-démocratique fondée sur un système de fraude électorale et de répression policière.
Il est donc injuste de demander aux “politiques”, s’il en existe, de laisser l’armée en dehors des enjeux politiques. Les militaires ne se sont pas cachés de nous avoir choisi l’actuel Président. Et, malgré cela, on devrait penser que ce n’est pas grâce à eux qu’il a pu s’éterniser. N’est-ce pas plutôt eux qu’il faudrait inviter à renoncer à cette fonction politique et à reconnaître enfin sa maturité citoyenne au peuple ? Mais pour cela, il faudrait que le pouvoir en place ait la légitimité démocratique qui lui permettrait de se passer de sa véritable source d’autorité, la force.

M. H.


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1 réactions
kaferdziri le 05/11/2017 à 16h22

Cette malédiction de la flibusterie (1516-1830) et du colonialisme post-bonapartiste (1830-1962) s'est enracinée dans les esprits des assassins d'Abane, Belkacem, Khemisti et surtout fossoyeurs du GPRA qui aurait certainement offert à l'Algérie un autre devenir avec les Abbas, Benkhedda et autres membres d'une élite formée, acquise aux principes de l'Etat, du droit et de la primauté du politique sur le militaire. L'histoire n'étant pas linéaire, gageons qu'à l'horizon 2020 renaîtra ce souffle.

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