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contrechamp / ACTUALITÉS

Le peuple et “ces amis qui lui veulent du bien”

C’est épatant cette “opposition” qui se réunit et, inlassablement, se re-réunit pour trouver une “sortie de crise” ! Mais il n’y a plus de crise. Le peuple ayant visiblement pris son destin en main dans une remarquable cohésion et dans une admirable résolution.
Sa révolution, c’est la solution. Chaque vendredi, il sort en masse pour expliquer l’Algérie qu’il veut, et les autres jours de la semaine, il s’exprime par catégorie socioprofessionnelle sur le même projet. Sauf à avoir raté quelque chose, ce projet consiste à se réapproprier une souveraineté confisquée au moment même où il l’avait arrachée, de haute lutte, au colonat.
Et le peuple conçoit qu’il faille, pour mener sa seconde révolution à terme, commencer par dégager le régime. Dans son entièreté, comme il est précisément précisé.
Il n’y a pas besoin d’une “opposition” qui joue au bureau d’engineering politique pour interpréter une claire “feuille de route”.
Alors pourquoi “l’opposition” en appelle-t-elle à l’armée ? Comme toutes les autres institutions qui en ont la volonté, celle-ci sait bien lire le message d’une marche soutenue, ordonnée et résolue pour le changement de régime. D’ailleurs, elle a fini par prendre acte de cette volonté de rupture et, comme partie intégrante du peuple, elle a fini par la partager. Son devoir républicain est de l’accompagner, autant que le lui préconisent ses prérogatives constitutionnelles, dans la concrétisation de ses aspirations démocratiques.
La révolution en cours, telle qu’elle se déroule, sous la forme d’un soulèvement pacifique quasi général, est l’expression d’un dépassement historique de l’ordre politique en place. Dans la phase historique actuelle, le système, qui encadre notre vie politique depuis l’indépendance, assigne “l’opposition” structurée à des rôles et à un fonctionnement précis. En les assumant, il remplit une fonction vitale pour le régime : une fonction paradoxale de présence dans la vitrine et d’absence dans la société. C’est la raison pour laquelle la plupart des partis actuels se résument à leurs directions et n’ont presque aucune vie sociale. Cela suffit aux besoins du régime et de ces directions politiques !
Parmi ces rôles, il y a aussi celui de légitimer, à l’occasion, l’intervention politique affichée de l’armée. L’occasion faisant le larron, cela permet à notre “opposition” de justifier son existence de figurant.
Or, c’est cette vie politique d’initiés, cette vie politique qui a sévi sans lui, que le peuple veut amender. Et si, même au moment où il brandit tout haut sa “plateforme”, ce sont les acteurs défaillants du même système politique qui interprètent son message. Où se situe donc la rupture ? Dans le seul déboulonnement de Bouteflika, des agitateurs qui le soutiennent et des oligarques qu’il entretient ? Si ce n’est que cela, il aurait mieux valu patienter… Le système, pour se régénérer, doit opérer sa mue à brève échéance.
Les sous-traitants se bousculent, mais, pour l’heure, il n’y a que le peuple qui offre les garanties d’une révolution politique effective. La rupture ne peut être le résultat d’une transition ; elle en est le préalable.


M. H.


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