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contrechamp / ACTUALITÉS

Le pouvoir et la prospective

Jeudi dernier, devant les sénateurs, le Premier ministre a développé un discours surréaliste sur le rôle de la prospective dans la gestion du pays.
Dans sa réponse à une question orale, Ouyahia a insinué que les autorités sont familières de cette démarche d’anticipation et recourent aux services de l’Institut national des études de stratégie globale, établissement “chargé de l'observation de toutes les orientations socio-économiques, financières, technologiques et culturelles, pour leur permettre d'approfondir et de peaufiner leur vision générale du processus de développement national et d'être au diapason des évolutions afin de préserver l'intérêt suprême du pays” !
On croirait lire une dissertation scolaire sur ce que devrait être le rôle d’un centre de prévision et de prospective. Pourtant, s’agissant de l’Inesg, on ne trouve nulle trace de son influence, en trente-quatre ans d’existence, sur la conduite des affaires du pays. Non pas que l’institution n’ait pas la capacité de remplir cette fonction. Il est même très probable qu’elle produise des études et des réflexions pertinentes pour l’orientation des politiques de développement et de sécurisation sociale, économique et écologique du pays. Mais on ne trouve pas beaucoup de références à ce travail de défrichage dans l’action du gouvernement comme on ne trouve nulle trace d’anticipation. Ce qui veut dire que le potentiel scientifique de l’Inesg n’est pas très sollicité par un pouvoir grisé par son autoritarisme omniscient. Au mieux, il peut consentir à payer les conseils d’une officine américaine, comme il le fait quand il s’agit de légiférer sur la politique pétrolière.
Quand on se souvient du mépris, voire de l’hostilité dans lesquels le régime a tenu le Cnes du défunt Mentouri, on mesure le niveau de considération qu’il voue aux potentialités conceptuelles nationales, y compris lorsqu’il s’agit de potentialités institutionnelles. Il n’aime entendre que le propos qui exprime le bien-fondé de ses décisions.
Si le pouvoir était apte à adopter la posture stratégique, il aurait pris en compte cette règle élémentaire en matière de marché : quand les prix augmentent trop vite et trop durablement, ils baisseront un jour brutalement. Et n’aurait pas subi la crise de ressources de 2014 dans le désarroi que l’on voit.
Tous les jours, ses décisions témoignent de ce management de l’improvisation : “l’industrie automobile” qui, en quelques mois d’existence, a connu tous les tâtonnements de sa navigation à vue et l’agriculture qui à peine a-t-elle commencé à exporter que ses produits nous sont renvoyés pour trop de pesticides ! Partout, l’insouciance politique mène à l’échec.
On ne peut parler de prospective dans un pays rentier qui se classe avant-dernier en matière de débit internet. Pour sûr qu’on doit être leader en matière de cyberpolice. Le pouvoir n’investit avec générosité que dans la répression qui le protège.
Le système de pouvoir est structurellement imprévoyant. Tant qu’aucune crise ne vient menacer leur “stabilité”, nos dirigeants aiment à se vautrer dans le confort de la paresse intellectuelle. Même au plan des idées, ils ont une culture de la rente : l’islam, les constantes, la révolution, la souveraineté. Puisque ces quelques concepts suffisent à leur assurer leur légitimité, pourquoi regarder plus loin ?


M. H.


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1 réactions
Fraternity le 11/06/2018 à 13h31

L'exemple du rachat d'une raffinerie de pétrole, en fin de vie, pour les besoins de la consommation locale est un autre exemple de gabegie et de manque d'anticipation et de prévoyance. Le marché européen étant plombé par les surcapacités et s'oriente pour d'autres énergies propres et plus économiques. Tandis que Moh la Triche et son clan, par manque d'improvisation optent pour l'énergie(fossile) délaissée par les européens et contraste avec le discours bidon économie d'énergie, énergie solaire.

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