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contrechamp / ACTUALITÉS

Le pouvoir, le citoyen et le dinar

Pour Abderrahmane Benkhalfa, ce sont les déplacements des Algériens qui sont à l’origine de la dépréciation de la monnaie nationale.
En parlant du voyage de six millions d’Algériens, l’ancien ministre des Finances généralise la responsabilité de la dégradation de la monnaie nationale à tous les Algériens lambda qui, un jour, ont fait un petit voyage !
Ceux qui ont causé et même organisé l’effondrement progressif du dinar, ne seraient donc pas ces Algériens qui sont pris en charge à leur descente d’avion, logés aux frais de l’ambassade dans des suites de palaces et transportés en véhicules officiels le temps de régler leurs affaires, ce ne seraient pas ceux qui prennent leurs marges sur les marchés publics pour grossir leurs comptes à l’extérieur, ni ces Algériens — et ces étrangers aussi — qui surfacturent ou s’adonnent au transfert illégal pour alimenter leurs comptes paradisiaques. Ce ne serait surtout pas ceux qui ont la charge de veiller sur la valeur du dinar !
Ce ne serait pas ceux-là, mais ceux qui se saignent pour se constituer un pactole de vacances (ou de soins) parce que leur État ne leur accorde qu’un ridicule pécule annuel de quinze mille dinars, qui sont la cause de la débâcle monétaire et financière. À la manière dont la rente est distribuée, il est normal qu’il n’y en ait pas pour tout le monde…
Pourtant, la monnaie échangée sur le marché parallèle ne provient ni de la Banque centrale ni du Trésor public. En tout cas pas directement.  Certes, les détournements et les privilèges contribuent à l’offre de devises ou de dinars. Mais cette dimension ne relève pas de l’activité institutionnelle, mais de son dysfonctionnement.
Le dinar se détériore parce qu’il n’est pas soutenu par une économie normale, une économie qui produit et vend dans la durée. Son destin est suspendu à une activité qui dépend de l’environnement international et dont l’autorité économique nationale ne maîtrise aucun paramètre. Et ceux qu’il maîtrise (réserves d’hydrocarbures et capacités de production) ne constituent qu’une goutte d’eau dans un océan. Pas assez pour agir.
Pourquoi y a-t-il un double taux de change ? Parce que cela arrange le pouvoir. D’une part, cela le dispense de gérer sa monnaie dans des conditions de marché, des conditions de complexité due à l’intervention de multiples paramètres endogènes, et d’autre part, il protège sa monnaie non en la fortifiant par une économie performante et par des politiques monétaire et financière pertinentes, mais en la mettant hors de portée du marché. Or, la seule manière d’éprouver la qualité de son économie (agriculture, industrie, tourisme…) et même ses services publics (santé, formation…), c’est de les ouvrir à la concurrence. En fait le change administré protège de la concurrence, ce qui revient à soutenir la médiocrité contre la qualité.
Si l’on considère l’inéluctabilité de l’insertion économique planétaire, le double change est le premier obstacle au développement à long terme du pays. Au cours des quinze dernières années d’abondance financière dilapidée, ce système aurait parfaitement pu être abandonné pour un système de dinar convertible, mais le pouvoir y tient parce qu’il arrange ses affaires à court terme.
Les Algériens sont victimes de la gabegie monétaire de leur gouvernement ; ils n’en sont pas la cause.


M. H.


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1 réactions
Fraternity le 13/11/2017 à 14h44

Et pour protéger ceux qui ont participé à l'effondrement de la monnaie nationale par les détournements et par l'exportation illégale des devises,la nouvelle convention pénale Algéro-française est là pour les protéger des poursuites pénales. Le France, pays de Droit, s'engage à informer le pouvoir de l'association de malfaiteurs, des poursuites pénales contre les détenteurs du pouvoir et de leurs familles, en matière de blanchiment d'argent et des informations bancaires..

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