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contrechamp / ACTUALITÉS

Le précieux minimum du partenariat algéro-français

Emmanuel Macron sera à Alger demain. Il était temps. Nos commentaires de presse, toujours plus fougueux que le jugement de l’opinion populaire, ont fini par faire de ce voyage un enjeu en soi.
Et comme si l’Algérie n’y était pour rien dans ce “retard” et qu’il fallait juste y lire un déclassement protocolaire de notre pays par l’Élysée, cela commençait à nous incommoder d’être mis en attente. Notre impatience a même contraint le président Macron à s’expliquer à travers un message au président Bouteflika qui venait de lui transmettre ses vœux pour la fête du 14 Juillet. Et comme on ne lâche rien, maintenant que son déplacement se concrétise, il devra probablement s’expliquer sur la brièveté de son séjour.
Pourtant, si la qualité de la relation entre deux pays se mesurait au nombre de visites que se rendent leurs chefs d’État, celle qui lie l’Algérie à la France, depuis l’avènement de Bouteflika, serait réellement exemplaire. C’est d’ailleurs ainsi que la qualifient les diplomaties respectives. En invoquant l’argument du nombre d’entreprises françaises installées en Algérie, des effectifs d’étudiants algériens inscrits dans les universités françaises et de la quantité de visas délivrés. Si l’effort consulaire et le regain d’échanges culturels sont remarquables, en effet, on ne peut pas dire qu’au plan économique, le rendement aura été à la mesure de “l’investissement diplomatique”. Le chassé-croisé ministériel entre les deux pays qui dure depuis 2002 a, à peine, été interrompu par la crise de 2008 causée par “l’affaire Hasseni” et la relance de la question de l’assassinat des moines de Tibhirine.
Mais ces échanges, quelle que fût leur cadence, ont toujours connu plus d’intensité verbale que matérielle. Un peu parce qu’on ne sait pas trop ce qu’on veut y mettre. En tout cas, du côté de chez nous, le délit d’improvisation est flagrant. Il s’observe à ce déplacement itératif du curseur diplomatique qui oscille entre l’impératif mémoriel et l’objectif de coopération. Depuis  que l’ambassadeur Hubert Colin de la Verdière a reconnu, en janvier 2005, à Sétif, que les massacres du 8 Mai 1945 étaient “un crime inexcusable”, les déclarations de la même veine se sont succédé. Reconnu comme “profondément injuste” (Sarkozy), comme sources de “souffrances” (Hollande) infligées à l’Algérie ou comme “crime contre l’humanité” (candidat Macron), le système colonial n’a pas fait l’objet d’excuses officielles. En France, les conditions politiques et psychologiques ne sont pas réunies pour cela. D’ailleurs, autant ici que là-bas, et même ici plus que là-bas, l’écriture de l’histoire commune se fait, quand elle se fait, sous haute surveillance politique.
Si cette demande de repentance ne semble pas constituer, pour l’Algérie, un préalable à la perspective d’un partenariat approfondi, il n’en demeure pas moins qu’elle continuera longtemps à caractériser le contexte de ce partenariat.
Et même en dépassant ce contentieux mémoriel, la coopération restera soumise aux limites de notre politique économique. Quel schéma de partenariat peut, en effet, encadrer une coopération entre un pays industrialisé et un pays mono-exportateur qui dresse des barrières contre les investissements étrangers ?
Les relations algéro-francaises sont au mieux de ce qu’elles peuvent être. Et, au vu des conditions politiques locales, elles font le précieux minimum qu’on attend d’elles : préserver l’avenir.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 05/12/2017 à 12h54

Le pouvoir rabâchera son fonds de commerce, comme à son habitude, des discours sans lendemain: repentance, crime colonial.. Des produits périmés, pour se légitimer la face, pour la consommation locale au profit de ses clients et ayants droits. Mais ce fonds de commerce ne trouve plus d'acquéreurs aujourd'hui. Les générations post-indépendance ne se reconnaissent plus. Elles regardent plus vers l'avenir.. le passé est une affaire d'historiens..

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