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contrechamp / ACTUALITÉS

Le projet illusoire d’une transition-restauration

Pour le régime, l’élection présidentielle annoncée du 4 juillet constituera le couronnement du plan “article 102”.Désormais, le défi, pour lui, est de tenir jusqu’à cette date et d’arriver, dans l’intervalle, à réfréner par tous les moyens l’enthousiasme révolutionnaire des Algériens, voire à les attirer vers l’urne, si possible.
Mais déjà les premières recettes tentées, loin de décourager les Algériens dans leur élan libérateur, les ont incités à un surplus d’activisme revendicatif. Ils tendent, depuis vendredi, à instituer un rythme soutenu, quotidien, à leur mouvement. La solution répressive que le pouvoir expérimente à Alger depuis jeudi dernier n’a, pour le moment, pas d’effet dissuasif sur les manifestants et la convocation des épouvantails de “la main de l’étranger” et de l’opportunisme terroriste n’a pas entamé leur résolution.En même temps, de sérieux obstacles commencent à se dresser devant le projet de “transition-restauration”. Le refus des membres du Club des magistrats de participer à l’encadrement du scrutin, suivi des premiers désistements d’APC, fait que l’opération de vote elle-même menace d’être compromise. Et il n’est pas dit que d’autres corporations indispensables à l’organisation de la consultation, les enseignants et les gestionnaires d’établissements scolaires par exemple, ne suivront pas le mouvement de boycott.
Et même si toutes ces embûches sont contournées, il restera surtout aux éventuels candidats à faire campagne. Or, si l’on observe l’“accueil” populaire réservé aux ministres en visite de terrain, on peut entrevoir la manière dont les aspirants présidents seront reçus par les populations qu’ils voudraient convaincre de voter.Indépendamment du contexte révolutionnaire, ce qui est demandé aux Algériens à travers une application à la lettre de l’article 102, c’est d’élire un nouveau président sous la supervision du régime qu’ils appellent à partir, avec un fichier des électeurs faussé et spécialement apprêté pour la triche et sous l’administration d’une loi électorale permissive à la fraude. En un mot, il s’agirait de choisir un président dans des conditions exactement contraires à celles qui favoriseraient le passage du pays à l’âge démocratique. D’ici à l’échéance du 4 juillet, il reste onze vendredis et autant de semaines pour expliquer au pouvoir qu’une telle élection n’est pas envisageable alors que le pays vit un soulèvement national pour un changement de système. Et que ce dont il est question, en revanche, c’est d’aménager les conditions d’accès à la pratique du débat et du choix démocratiques. 

L’autorité actuellement en charge de la gestion du pays et de sa sauvegarde n’a d’autre option que d’entrer en contact avec la société pour qu’elle élabore les modalités de mise en place d’institutions plus conformes à ses aspirations.Ce n’est pas à une Constitution élaborée de promouvoir l’arbitraire et le fait accompli d’encadrer une évolution de nature historique.Et ce n’est pas à un régime autoritariste d’inventer les moyens de la transition démocratique.C’est au peuple de se donner les règles de fonctionnement de la société libre qu’il veut enfin s’inventer.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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