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contrechamp / ACTUALITÉS

Le régime est pour le départ de Bouteflika

C’est plutôt une prise de pouvoir que l’émission d’une simple suggestion du chef d’état-major de l’ANP. Une suggestion au demeurant malvenue dans son principe de la part du chef d’une armée qui se dit républicaine et préoccupée par ses seules missions constitutionnelles.
À moins d’admettre que nous sommes, comme le disent les Algériens qui réclament le changement de régime, dans une situation révolutionnaire. Mais alors, dans ce cas, Gaïd Salah ne serait pas du côté du peuple comme il le prétend. Car, à l’inverse, de ce que prône la masse de citoyens
qui revendiquent, c’est une opération de relance du régime qu’il préconise.
La preuve est que, comme s’ils étaient préparés à cette restructuration du pouvoir, et à leur changement d’attitude, les partisans organisés de Bouteflika le lâchent et reportent leur soutien sur l’initiative du vice-ministre de la Défense, dès le lendemain de sa proposition pour une mise en œuvre de l’article 102.
La démarche est si bien orchestrée qu’on peut se demander si Bouteflika n’en est pas l’architecte. Parce que, tout en le démettant, le processus “constitutionnel” offre l’avantage, pour lui, de connaître à l’avance le président qui assurera l’intérim pour trois mois ou plus. Il a même le choix entre deux, s’il veut faire jouer la clause de la double nationalité dont on affuble le président du Conseil de la nation.
Mais, que la chose se fasse ou non, qu’elle se fasse en accord avec la famille Bouteflika, cela montre le niveau de cohésion du régime. Ce transfert de consécration de Bouteflka vers Gaïd Salah constitue, à la limite, une affaire interne au régime. Si, entre eux, ils trouvent constitutionnel que l’armée… constate publiquement, et avant le Conseil constitutionnel, la vacance de pouvoir, c’est aussi leur affaire.
La réaction a été unanime : l’appui massif et instantané du RND, de l’UGTA, ou ce qu’il en reste, et d’une faction du FLN qui n’a jamais que l’unité que lui impose l’autorité du moment. Au demeurant, dans le système politique algérien, c’est le pouvoir qui crée ses soutiens, ce ne
sont pas les soutiens qui donnent le pouvoir.
Sauf que l’option prise, à ce stade de la révolution en cours, de passer à l’application de l’article 102, ne pouvait avoir d’autre mobile que celui d’éviter au régime une confrontation directe avec la population qui, par millions, insiste pour voir la rupture se concrétiser d’ici le 28 avril, date d’expiration du quatrième mandat. L’intention manœuvrière semble claire : le peuple est contraint de reformuler sa demande à la lumière de la nouvelle situation créée par l’empêchement de Bouteflika et donner du temps au régime pour organiser sa régénération à long terme.
Il n’était pas dit que le régime se laisserait faire. L’épreuve de l’endurance du mouvement pour la République était prévisible.
Le régime est désormais pour le départ de Bouteflika, mais le peuple est pour le départ du régime.


M. H.

 


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