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contrechamp / ACTUALITÉS

Le régime pris dans son piège social

En cette période de précampagne, la “pensée” officielle a donné congé à “la main de l’étranger”. À l’image du secrétaire général du FLN pour qui “le bouillonnement de la scène sociale est lié à des calculs de certaines parties ‘intérieures’ qui se préparent à la présidentielle”.
“La main de l’étranger” s’étant rangée du bon côté, du côté de la “stabilité”, sus à “la main intérieure” qu’Ould Abbes soupçonne de nourrir “des ambitions présidentielles !”.
Mais pourquoi ces “parties intérieures” devraient-elles susciter “le bouillonnement de la scène sociale” pour servir leurs “ambitions présidentielles” ? C’est parce que le clan au pouvoir s’est arrogé le monopole de l’ambition présidentielle et que la voie n’est pas libre pour l’expression sereine de ces ambitions par d’autres Algériens.
Eh oui ! C’est bien le régime qui a structuré cette relation manipulatoire entre le social et le politique. En instaurant, à la veille du troisième mandat, une espèce de pacte sociopolitique tacite : largesses matérielles au profit d’un maximum de catégories sociales, de corporations professionnelles et de corps de fonctionnaires contre leur renoncement et, si possible, leur inféodation politique. Cette stratégie, consistant à acheter le silence de la société en couvrant  toutes ses composantes structurées de suppléments de revenus, fut d’une redoutable efficacité politique. Les mesures de consolidation des privilèges des castes supérieures et les signes d’amélioration des conditions sociales des catégories sociales moyennes ont détourné l’attention du plus grand nombre de la question politique. Devant la succession d’indemnités et  d’augmentations salariales, avec rappel, on n’a pas la tête à juger de l’action du gouvernement ; on attend son tour. On achète son véhicule en attendant de trouver la formule d’accès au logement dans laquelle on peut s’insérer.
En février 2011, le spectre du “Printemps arabe” poussa le pouvoir à relancer sa politique de “revalorisations salariales”, envers les secteurs à forte tradition syndicale, comme les postes et télécommunications, et à initier de nouvelles mesures de soutien économique aux jeunes. Le gouvernement dut improviser une loi de finances complémentaire pour y introduire ses nouvelles largesses sociales. Étrange coïncidence : cette année, les médecins résidents, ceux de Blida en particulier, furent les seuls à subir des ponctions sur salaires pour avoir fait grève. D’ailleurs, leurs revendications connaîtront le même traitement de rejet en 2015 et, apparemment, en 2018.
C’est d’ailleurs en 2011 qu’Ouyahia, Premier ministre cette année-là aussi, et jusque-là adepte d’une conception économique des salaires, se convertit aux augmentations “politiques” en proclamant que “la paix sociale n’a pas de prix”.
Ce qui a changé depuis, c’est que la rente manque. Il n’y a plus de quoi financer “la paix sociale” : du coup, c’est le pouvoir qui prend l’initiative de dénoncer la politisation du social ! Et “la main intérieure” qui manipule les travailleurs en vue de la présidentielle. Eh bien oui, et les défenseurs du statu quo sont bien placés pour le savoir, le pouvoir, chez nous, est une affaire de manipulation.     

M. H.


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