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contrechamp / ACTUALITÉS

Le salaire de la peur

Le Premier ministre a fait peur aux sénateurs. L’effet a été immédiat : leurs chefs de groupe  ont rivalisé de louanges à l’endroit du gouvernement et ont massivement voté pour son plan d’action. Et comme s’ils craignaient que cela ne suffise pas à leur salut, ils ont abondamment vilipendé l’opposition et les détracteurs de la planche à billets.
Après, ils pouvaient rentrer tranquillement chez eux, sûrs d’être payés en novembre. Mais pas avant d’avoir avalisé l’abrogation de la loi sur la monnaie et le crédit. Pour le régime, la faillite joue comme une arme de dissuasion : plus il échoue, plus ses partisans le soutiennent. Ils ont peur de le voir s’en aller et emporter leurs privilèges avec lui.
Ils ne peuvent que le soutenir : un pouvoir qui peut entretenir ses rentiers même après le tarissement de la rente, vaut plus que des éloges de chefs de groupe sénatoriaux ! On devine les “ouf” de soulagement que cette idée de génie de planche à billets a dû arracher aux bataillons de courtisans qui peuplent les dépendances du palais. De plus, ce “plan”, même hasardeux, est bien tombé pour dissiper une autre peur : il a étouffé ces importuns appels pour la mise en œuvre de l’article 102.  
Quand on pense que le régime tient essentiellement par l’ampleur des appétences qu’il a pu susciter et la pléthore de coteries, d’intérêts, de carrières qu’il a su arrimer à son destin. Créant ainsi un lien de solidarité organique avec les prébendiers qui dévalisent le pays sous sa protection. Nul autre système de déprédation n’aurait pu aller jusque-là : hypothéquer le futur immédiat et lointain du pays en le couvrant de dettes après l’avoir ruiné en gaspillant ses ressources naturelles ! On pouvait espérer qu’avec la fin du pétrole à prix élevé, le pays serait enfin remis à des forces animées de la volonté de le gérer, le développer et le faire prospérer et pas seulement de le plumer. Eh bien, non ! Même mis à sac, ils s’y accrochent pour entretenir la rapine quitte à le surcharger de dettes.
Comme si cela ne suffisait pas de brader les bijoux de famille, le régime compromet la condition des générations futures en dépensant par avance d’hypothétiques recettes à venir. Sous les applaudissements d’un sérail captif. Qu’ils sévissent dans les succursales institutionnelles,  les circuits économiques de passe-droits ou dans les zones hors la loi de l’informel, les initiés du régime ont pris goût à un système qui leur assure le confort sans les contraindre au résultat. Il en résulte cette situation où lorsque le pays atteint le fond, le régime et ses soutiens continuent à “creuser”, comme dit l’artiste, dans un remarquable consensus pour le pire.
Un consensus mû par la peur de devoir se remettre à l’ouvrage. Ou de devoir rendre compte de ses propres abus si le parapluie de l’impunité venait à manquer. Une peur plus forte que le devoir de sauvegarde de ce qui peut être sauvé de son pays.
Ainsi, le régime continue sa course effrénée de train dont on a perdu le contrôle. On ne sait ni quand, ni où, ni comment cela finira.


M. H.


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1 réactions
ALI MEDFA3 le 30/09/2017 à 11h45

Meme nous les retraités nous avons eu notre part de diarrhée HACHAKOUM , le jour de la réunion au sénat, le Pdg de la C.N.Retraite était l'invité de la matinée à la chaîne 3 pour déclarer qu'il n'y a plus d'argent pour nous payer nos mensualités de misère, il a donné le chiffre officiel de 6 millions de travailleurs qui cotisent pour 3 millions de retraités ( 2 pour 1) par le passé c'était 6 pour 1 . Apparemment sur 40 millions d'Algériens seuls 6 millions sont en activité le reste .......

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