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contrechamp / ACTUALITÉS

Le suspense d’avant le spectacle

Le cercle intime du pouvoir a donc émis l’ordre de se taire pour conjurer toute controverse au sujet du “cinquième mandat”.
Car s’il n’y a pas de comité de soutien, c’est qu’il n’y a pas, ou pas encore, de candidature. Cette posture de repli constitue sûrement un important élément de stratégie pour le statu quo, si l’on en juge par la violence de la réaction à l’initiative de Tliba. L’assurance du secrétaire général du FLN, au moment de rappeler à l’ordre son député et d’intimer à tous l’ordre de silence sur la candidature de Bouteflika, renseigne aussi sur l’origine certifiée de l’injonction.
Du coup, le pouvoir fait, pour l’instant, l’économie d’une première difficulté : la question de l’aptitude du Président à assumer physiquement et intellectuellement un cinquième mandat est exclue du débat. Or, cette question constitue une contre-indication de taille pour la candidature de Bouteflika en même temps qu’un point de fixation pour ses opposants. Mais sûrement aussi pour les objecteurs, dans et autour du régime, au sujet de la prolongation de son règne. Il gagnera, et les promoteurs de sa pérennisation gagneront, un temps de répit avant d’entrer, une nouvelle fois, en campagne pour défendre l’indéfendable.
Mais, pour le camp du statu quo à tout prix, l’avantage le plus appréciable est dans le fait que cette discrétion met les projets concurrents, qu’ils se fondent sur l’idée de changement ou de continuité, en stand-by. Ainsi, le suspense sanctionne l’opposition, mais pas seulement : les clans et réseaux qui soutiennent le régime depuis une vingtaine d’années ne voudraient pas être pris au dépourvu sur la question, éventuelle, d’une succession maison. Le pouvoir joue sur du velours : en plus d’avoir l’avantage de l’initiative et, jusqu’à un certain point, celui de la maîtrise du timing, il a le contrôle total du fait électoral, depuis la procédure de validation de candidature jusqu’à la détermination du résultat. Ce qu’il se préoccupe de maîtriser, ce n’est donc pas l’issue finale du vote, mais l’ambiance sociale, psychologique et communicationnelle dans laquelle il se déroule.
Sinon, le fonctionnement institutionnel est conçu pour que les élections n’engendrent aucun imprévu. Cela dit, le régime a intérêt, en particulier pour son image internationale, la seule dont il se soucie effectivement, à ce que pendant la campagne et le déroulement du scrutin, l’imitation ressemble le plus possible à l’original, en termes d’équité entre candidats, de transparence des opérations et de sincérité des résultats.
La qualité des lièvres compte aussi. Plus la concurrence semble crédible, plus la compétition gagne en participation et vraisemblance. La difficulté est de donner à cette concurrence des arguments d’engagement dans une course où, le plus naïf des quidams le sait, tout est joué d’avance. Le problème est que ce rôle de figuration se prépare aussi.
Le suspense, pour utile qu’il soit, ne devrait donc pas trop durer. Pour créer l’illusion de vie politique, le système et son opposition ont besoin de “mouvement dans le statu quo”. Parce que le risque pour tous, c’est de se laisser, un jour, et à nouveau, dépasser par la foule.


M. H.


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