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contrechamp / ACTUALITÉS

Le système et sa façade

“Les travaux de la façade extérieure de la Grande Mosquée d’Alger seront achevés d’ici à la fin de l’année.” La promesse vient d’en être faite par l’entreprise chinoise de réalisation du projet.
Ainsi, une fois que les usagers de l’autoroute pourront admirer la large devanture du bâtiment, les bâtisseurs chinois et les décorateurs  venus d’un peu partout pourront poursuivre leur ouvrage en prenant leur temps à l’abri du regard impatient des citoyens de passage devant le chantier.
Si les responsables de la CESC ont entrepris d’annoncer une telle nouvelle c’est sans doute qu’ils en ont pris l’engagement avec le maître d’ouvrage. Le but est de répondre à l’impératif d’une inauguration programmée. C’est à l’image de la gestion nationale : si la façade jouit parfois d’un soin particulier, c’est pour qu’elle puisse mieux cacher l’amateurisme insouciant et le tripotage sournois qui règnent derrière.
Il fallait apprécier, à l’occasion de la visite du Medef, l’argument du ministre de l’Industrie pour relativiser l’ampleur du handicap que constitue la règle des 51/49 pour les investissements étrangers : cette condition “n’a pas découragé beaucoup d’investisseurs étrangers”, d’autant qu’elle est “souvent contournée”, a-t-il déclaré. Ce qui veut dire que le gouvernement consacre un principe qu’il sait “souvent” bafoué. Et si c’est, donc, au su des autorités que certains investisseurs le bafouent ? Encore un peu et on reprocherait aux membres du Medef de n’avoir pas compris qu’il ne faille pas trop se fier à notre réglementation. Ce n’est pas elle qui régit la vie économique, c’est nous, semblent rappeler le ministre et “ses” entrepreneurs !
À entendre certains d’entre eux minimiser les désagréments dus au retard de paiements des créances détenues par les entreprises sur l’État, à la lenteur des opérations des transferts  de dividendes, aux restrictions nouvelles auxquelles l’importation est soumise, on en déduit que ces barrières sont là pour être baissées quand ces patrons le veulent et levées quand ils le veulent. Ce qui se fait réellement se décide donc dans l’informel des officines. Peut-être au bon plaisir des puissants du régime.  
Et c’est une de ces opérations d’alchimie la plus complexe et la plus décisive que Tliba est venu perturber en se précipitant à annoncer la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat. Alors que, peut-être, derrière la façade sereine d’une vie politique apaisée, les rapports de force, les alliances et les calculs se font et se défont déjà autour du cinquième mandat, le pittoresque député et membre du comité central du FLN voulait être le premier à s’emparer de la caravane de campagne.
Ce côté alchimique de la gestion des activités institutionnelles fait que, dans notre État, les officines informelles prennent l’ascendant sur les instances officielles. Celles-ci ont fini par renoncer à tout fonctionnement formel pour se mettre à considérer les orientations venant de la source occulte. N’est-ce pas toujours “une source proche” mais anonyme qui vient recadrer les éventuels écarts de communication officielle ?


M. H.


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