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Le temps des trahisons

Les deux porte-parole du FLN et du RND passent à l’opposition contre leurs chefs. Au FLN, le “dissident” Khaldoun demande à “ceux qui ont porté la candidature” de Bouteflika de démissionner ; au RND, Chihab fait la même demande à Ouyahia.

On remarquera que le redresseur de torts du FLN n’a qu’un reproche à faire à ses camarades de la direction : celui d’avoir soutenu le projet de cinquième mandat. Autrement dit, il cautionne parfaitement les vingt années d’errements que le régime a infligés à l’Algérie et au peuple algérien. 
Au demeurant, y a-t-il eu quelqu’un au FLN pour s’opposer à la candidature de Bouteflika ? Et depuis quand, dans le système algérien, le pouvoir a-t-il besoin du FLN pour choisir son candidat, son président ? Le FLN a pour fonction d’entériner le diktat du pouvoir réel, le pouvoir militaire. Il en fut ainsi pour Chadli, mais aussi pour Bouteflika. Zeroual a échappé à la norme parce que le FLN avait, entre-temps, traîtreusement rejoint le FIS pour combattre l’État qui l’entretenait, croyant que c’était l’heure de l’islamisme !
Et si Bouteflika a “récupéré” le FLN aux élections de 2002, c’est parce qu’il avait besoin d’exploiter à son tour ce symbole de la Révolution. Rien que pour le laver de cette compromission avec l’islamisme qui a attenté à la souveraineté nationale, les Algériens sont sommés de se réapproprier le sigle du FLN et de le mettre définitivement à l’abri des manipulations criminelles. Ce sera, en fait, le véritable test du triomphe de la révolution en cours. 
Au RND, création ex nihilo pour compenser le passage à l’ennemi du FLN, c’est le bon lieutenant Chihab qui veut se mettre à son compte. Et du coup purifier son parti d’une double décennie de préposé à la fraude électorale et au soutien aveugle à une gestion ruineuse où l’enrichissement des “familles” passait avant le développement.
Ainsi, dans ces antres de la fraude et de la manœuvre, des membres de l’équipe dirigeante ayant participé aux années de curée au même titre que leurs camarades veulent s’en laver les mains en chargeant leurs premiers chefs ! D’une pierre deux coups : ils s’emparent en même temps de l’instrument de leur compromission avec l’espoir de le sous-louer au prochain régime.
Il se passe la même chose à l’UGTA dont des membres veulent nous faire croire que “l’organisation de masse” en question était un syndicat. Alors qu’eux-mêmes y étaient parce que son efficacité venait justement de son soutien politique à l’autoritarisme régnant ! D’ailleurs, c’est toujours dans le secteur administratif improductif et dans le milieu industriel déficitaire que l’UGTA recrute ses adhérents. Il n’y a donc là qu’une tentative de blanchiment de l’appareil pour lui assurer une survie et peut-être un avenir tout aussi rentier que son passé.
Le processus est aussi mis œuvre au FCE. Dans ce… syndicat, ce sont les pionniers du pouvoir de l’argent qui, une fois la mort du roi confirmée, se sont précipités hors des rangs pour tacitement désigner leurs propres élus à la vindicte populaire.
Ignoble système qui, en plus de cultiver la cupidité, enseigne le réflexe de félonie.


M. H.


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