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contrechamp / ACTUALITÉS

L’école a besoin d’une réforme morale

Espérant ainsi sauver ce qu’il reste de l’honneur du baccalauréat national, le gouvernement a dû priver le pays, citoyens, entreprises et autres organismes, d’internet pendant une semaine. 
Ainsi, l’institution éducative a définitivement assumé son incapacité à garantir la probité professionnelle de son personnel. Il ne lui reste, pour sécuriser la confidentialité des sujets d’examen, que de suspendre la communication électronique, et le fonctionnement des réseaux sociaux en particulier, pour l’ensemble des usagers, privés ou institutionnels.
La régression morale qui frappe le pays, et qui s’est accélérée au cours des deux dernières décennies, semble n’avoir épargné aucun secteur. Pas même ceux dont l’efficacité repose, par la nature de l’activité, sur la rigueur éthique de leurs employés.
L’actualité politico-judiciaire nous renseigne sur l’ampleur invraisemblable de la décadence morale de nos plus hauts responsables. Dans un passé récent, des États ont eu à affronter des mafias, parfois redoutables dans leurs méthodes et tentaculaires dans leurs structures ; le pouvoir algérien, lui, a inventé l’État-mafia, un système où les deux pôles, au lieu de se combattre, s’associent. 
Cette déliquescence politique s’est vite banalisée et propagée, horizontalement vers les différents compartiments de la vie nationale et verticalement à tous les niveaux de l’État et de la société. Le recel ne se cachant plus, il a fini par faire école, pour ainsi dire. La force de l’exemple ! 
Et comme par un effet d’onde, le virus de la rapine a touché les potentiels corrompus là où il s’en trouve : dans la mosquée, dans l’école, dans le tribunal, dans le média, dans la caserne… pas besoin de changer de métier pour changer de morale ! On peut être sûr qu’aucune fonction, aucun statut ne peut prémunir de cette perversion cupide massive quand on découvre, avec les fuites sur l’instruction de l’affaire Chikhi, que le financement d’une “omra” peut servir de moyen de corruption ! 
Les enseignants qui obligent leurs élèves à des cours complémentaires ne sont pas loin de ces fidèles qui sous-traitent leurs pieuses dépenses. La quasi-généralisation des cours privés constitue un aveu d’échec du système scolaire. La suspension d’internet pour la durée des examens est une seconde confession de la faillite scolaire nationale. Car, enfin, ce ne sont pas les candidats qui pourraient être à l’origine de la fraude publique, tant il est possible de les fouiller et de les surveiller ; c’est la fiabilité du personnel de 
l’Éducation nationale qui est en cause.
Ces dernières années, l’École algérienne a été soumise à quelques timides réformes de programmes qui ne semblent pas avoir touché à la conception fondamentale de la fonction éducatrice. Mais un corps enseignant, si préoccupé par ses activités mercantiles annexes qu’il a systématisé les cours privés, peut-il porter une sérieuse réforme pédagogique ? En d’autres termes, et vu l’état déontologique de la profession, notre École est-elle encore réformable ?
Une nation qui, après avoir perdu confiance en son dirigeant, puis en son juge, doit perdre confiance en son instituteur, en son policier, en son facteur… n’a pas besoin de réforme. Ou elle fait sa révolution ou elle ferme.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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