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contrechamp / ACTUALITÉS

L’école de l’islamisme

Si, monsieur Ghlamallah, l’école algérienne forme bien à l’extrémisme religieux.
Certains intervenants du colloque du HCI sur “l’enseignement de l’éducation islamique dans les établissements publics”, les rares qui n’étaient pas là pour promouvoir l’enseignement idéologique, ont dû vous le dire. Mais ce ne sont pas spécialement les cours d’éducation islamique qui sont en charge de la fanatisation des enfants. Le professeur de sciences qui demandait aux gamins de rapporter des bouchons de liège, pour vérifier si leurs parents consomment du vin, a aussi participé à l’œuvre scolaire de radicalisation.
Le président du HCI proclame qu’“aujourd’hui (ce qui signifie qu’il n’en a pas toujours été ainsi), nous (le pouvoir) aspirons à assurer à nos enfants une éducation basée sur l’amour du bien et l’attachement à l’islam et ses principes nobles en bannissant les facteurs de discorde et les rancunes sectaires qui déchirent l’unité de la nation”.
Il se trouve que, comme le montre le Dr El-Mesatari, directeur du Crasc, tout en prodiguant les valeurs de fraternité et de tolérance, les manuels d’éducation religieuse agitent le spectre dangereux de “l’invasion culturelle”. Si “l’autre” est conçu comme une menace, la fraternité et la tolérance recommandées n’ont plus de raison d’être. On doit se méfier de tout ce qui n’est pas nous.
Dès le début de l’invasion intégriste, réelle celle-là, l’école a constitué un milieu propice à l’activisme islamiste. Sous le couvert d’éducation religieuse, des enseignants, eux-mêmes inspirés par des doctrinaires venus d’Orient, ont entrepris de semer la graine de l’intolérance et du “devoir de violence” — le djihad — dans l’esprit de leurs élèves.
Le discours islamiste a progressivement monopolisé la fonction éducative profitant d’un appauvrissement concomitant des programmes scolaires. La part des matières favorisant la réflexion et l’autonomie — sciences expérimentales, éducation civique, arts, commentaire littéraire et philosophique, etc. — est réduite à sa plus simple expression. Le monolinguisme achevait d’assurer la disponibilité mentale des enfants et adolescents aux méthodes pavloviennes de dressage de futurs vigiles, voire combattants de la foi. Les jeunes qui, aux coins des rues, insultent les femmes pas habillées à leur goût ne sont pas sortis d’une autre école que la nôtre. De même que les apprentis tueurs qui, dans les années 1980, sont allés se perfectionner en Afghanistan, au Soudan et en Libye (déjà) avant de revenir faire… école ici ! La fanatisation de générations d’Algériens n’est pas l’œuvre de la seule école : la mosquée militante, les médias populistes et le discours officiel y ont fortement contribué.
Les dirigeants musulmans, qu’ils soient politiques, religieux ou, comme souvent, les deux à la fois, sont condamnés à la manipulation belliqueuse de la religion. Du moment qu’ils ont fait de sa défense et de sa promotion la principale source de leur légitimité. En cultivant le sentiment de siège dans la tête de leurs de leurs sujets, qui sont de bons fidèles, ceux-ci sont portés à les entourer de leur soutien, pour la bonne cause, la cause sacrée.
Seulement, comme les générations de musulmans sont formées à traquer l’ennemi de la foi, ils le cherchent tout le temps. Y compris parmi eux-mêmes.
Et parfois parmi leurs dirigeants.


M. H.


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