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contrechamp / ACTUALITÉS

L’écriture de l’Histoire, selon Me Ksentini

Farouk Ksentini proclame que la “réconciliation nationale” est un autre 1er Novembre 1954. Et par conséquent, Bouteflika c’est le Crua.
Quand on s’est fait — ô paradoxe ! — l’avocat du déni de justice pendant si longtemps, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le prétexte à cet accès de lyrisme de Me Ksentini importe peu : un homme de loi, ou n’importe quel quidam sensé, ne peut pas croire qu’une réconciliation, une paix, puisse se bâtir en enterrant la vérité, en refusant la justice aux victimes et en décrétant l’impunité des bourreaux. Le docteur Boudarène vient de publier un ouvrage dans lequel il fait la démonstration scientifique que la “réconciliation nationale”, loin de contribuer à la réduction de la violence sociale, est elle-même une source supplémentaire de violence.
En gravant la victoire de l’injustice dans le marbre, en imposant une inconcevable impunité, sans autres procédures que la délivrance d’un quitus, une espèce de lettre de cachet inversée, “la réconciliation nationale” a semé des graines de violence dont on ignore le jour où elles germeront. Inévitablement. Par cette “réalisation”, mais par d’autres caractéristiques encore — l’usage immodéré de la répression, le pillage intensif des ressources naturelles, l’abus dans l’accaparement foncier, le réflexe de transferts de richesses vers “la métropole”, le fondement armé du pouvoir, l’oppression administrative, l’entretien prioritaire des castes du pouvoir, la corruption des notables, la volonté de s’éterniser, etc. — l’avènement de ce régime fait plus penser à 1830 qu’à 1954.
D’ailleurs pourquoi sa politique de “réconciliation nationale” ou même “l’ensemble de son œuvre” destinerait au panthéon national un pouvoir qui, pour toute politique, aura passé son temps à nous demander d’oublier ? On en a même désappris les notions d’inventaire, de bilan, de comptes… C’est tout de même significatif que le peuple apprenne que le Fonds supposé recueillir les surplus des recettes du Trésor est vide… sept mois après son tarissement et sans autre explication !
Me Ksentini, en voulant hisser la “réconciliation nationale” au rang historique de Novembre, voudrait qu’on garde le souvenir indélébile d’un pacte qui, lui, nous demande d’oublier le martyre des égorgés et des déchiquetés et les sacrifices des résistants et des forces de sécurité. Là, l’autorité politique ne peut pas le prescrire : à chacun sa mémoire ! En attendant que l’Histoire, une fois libérée, rende son verdict.
On peut, au passage de cette chronique, observer que les moudjahidine ne se sont pas prononcés sur la pertinence de cette “assimilation”, si l’on peut user d’un terme évocateur. Quel autre symbole de la Révolution leur restera-t-il à défendre ? Le “FLN” endure le peu enviable destin de finir comme enjeu de clans qui se le disputent pour s’en servir comme instrument d’accès et de pérennité au pouvoir. Maintenant est-ce le tour du 1er Novembre d’être associé à un arrangement qui associe, entres autres protagonistes, des personnages comme Madani Mezrag ?
Mais qui, aujourd’hui, peut se prononcer hors du cadre conceptuel “réconcilié”, uniformisé, balisé ? Le pays dérive… en silence.

M. H.


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