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L’EI n’est pas tombé du… ciel


L’Arabie saoudite a décapité quatre-vingt-huit personnes en moins de cinq mois. Les étrangers parmi eux sont majoritairement issus de pays musulmans pauvres et pourvoyeurs d’esclaves pour le royaume.
Au cours de la même période, l’EI en a égorgé beaucoup plus. Mais si le crime de Daech subit la désapprobation générale de ce qui reste d’humanité, les décapitations exécutées par l’État islamique saoudien ne souffrent que de quelques dénonciations émises par des ONG. Ce qui n’est pas sans évoquer la formule émise par Éric Zemmour : “L’Arabie saoudite est un Daech qui a réussi.”
Justement, le Daech est en train de réussir sur bien des fronts. Confinant les gouvernements syrien et irakien dans des périmètres de plus en plus réduits, il contrôle un territoire plus étendu que certains États islamiques souverains. Et s’offre le luxe de quelques libéralités auxquelles les Saoudiens, par exemple, n’ont pas encore accédé. Comme celle d’autoriser les femmes sous sa juridiction à conduire leur véhicule !
Ce genre d’analogies que l’on peut observer en rapprochant la pratique d’une organisation terroriste conquérante et celle d’un État rigoriste, autoritaire et brutal n’est possible que parce qu’ils partagent le soubassement doctrinal dans leur entreprise de soumission des hommes et des peuples. C’est le prosélytisme salafiste d’État qui a rendu possible l’hégémonie salafiste terroriste.
Ce sont, curieusement, les États et les esprits engagés dans le combat contre le terrorisme salafiste qui nient le continuum doctrine-action et qui s’empêtrent dans des efforts de discernement entre le bon et le mauvais islamisme. Entre celui qui est porté par les groupes terroristes agissants et celui qui est diffusé par leurs idéologues. C’est pourtant l’enseignement des seconds qui sert de plateforme à l’action des premiers.
Cette science des nuances dans l’islamisme est à l’origine de l’indécision stratégique dans la lutte contre le terrorisme. C’est elle qui permet aux milices islamistes Fajr Libya qui occupent Tripoli (et… occupaient Syrthe) d’appeler à l’aide pour sauver… l’État (libyen) de la menace de l’État islamiste !
En Algérie, le Sénat garde sous le coude un projet de loi voté par l’Assemblée nationale depuis des semaines parce que le pouvoir n’ose pas contrarier un mouvement islamiste revendiquant le droit de battre sa femme sans intervention extérieure. L’argument par lequel le président de la commission des affaires juridique (voir l’article sur TSA) justifie cet atermoiement dilatoire est que le Sénat prend le temps de vérifier que le texte ne contredit pas la Charia. Ce qui revient à instaurer un contrôle clérical de la production législative sur le modèle iranien. Autant assumer la théocratie, cela permettra d’identifier l’autorité religieuse qui supervise l’action de la république ! Et l’on pourra même économiser alors le coût d’un “Parlement républicain” !
Cette quête éperdue de l’arrangement entre intégrisme et modernité, entre intégrisme et positivisme, entre radicalisme et modération constitue un dangereux exercice. Elle ne profite pas au progrès culturel et démocratique des sociétés ciblées par les forces de régression ; elle les affaiblit politiquement et les met à portée de leurs attaques.


M. H.


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