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contrechamp / ACTUALITÉS

L’EN veut gagner contre la presse !

L’équipe nationale de football a enfin gagné.  Une victoire ternie par le regrettable “pétage de plombs”, pour reprendre l’expression qui a accompagné la vidéo du buzz.
L’expression est quelque peu inadaptée parce qu’elle tendrait à disculper Rabah Madjer de son emportement outrageux à l’endroit du journaliste Maâmar Djebbour. Il ne s’agit pas de “pétage de plombs”, mais d’un acte délibéré où l’accusation le disputait à l’invective. On parle de règlement de comptes, mais qu’importe ! Désigner une personne publique à la vindicte populaire en l’accusant d’être un “ennemi de l’équipe nationale”, quand on sait le rapport fanatique que des supporters peuvent avoir avec leur sélection, est, pour le moins, risqué.
Et c’est justement le fait de servir cette EN qui semble autoriser son entraîneur à “punir” un journaliste incommodant. Parce que le football est un peu partout, mais particulièrement lorsque le pouvoir est dépourvu de légitimité démocratique, comme chez nous, chargé de compenser, en partie au moins, le déficit de popularité du régime politique. Et parmi ceux qui participent à notre endormissement sportif, certains sont parfois tentés d’en tirer un motif d’intouchabilité. Et surtout quand ils sont cooptés d’en haut ! Ils partagent alors avec le régime cette immunité qui, pensent-ils, les exempte du jugement d’en bas. Parce que, dans leur ascension, ils ne doivent en général rien au public, ils s’autorisent à admonester les intermédiaires qui viennent leur porter la contradiction en son nom. Les responsables politiques établis fustigent l’opposition politique, la société civile et la presse dissonante ; les entrepreneurs sponsorisés accablent les fonctionnaires administratifs ; les entraîneurs et dirigeants sportifs, du football surtout, fustigent la presse sportive quand elle ne leur tresse pas des lauriers.
Voyons la dégaine avec laquelle Ould Abbes, promu choriste de la foule militante, traite ceux qui osent poser la question du cinquième mandat ? “Ils sont sur Mars”, dit-il, les renvoyant d’un revers de la main dans l’espace interstellaire. Pas même la civilité d’opposer à des détracteurs politiques des arguments politiques ! Voyons avec quelle déconsidération Ouyahia offense à tout propos ceux qu’il désigne par le terme blessant d’“opposition des salons”.
Bien sûr, le gros lot de l’opprobre que distribuent les dirigeants et leurs proconsuls à leurs contradicteurs, c’est la presse qui le subit. Parce que sa fonction d’intermédiaire communicationnel en fait l’interprète consulté de l’opinion publique.
Madjer, s’il est trop tôt pour juger de son action sportive, en étalant son incapacité à assumer un contexte de liberté d’expression, il a déjà échoué dans le chapitre fair-play de sa mission.  En demandant à “ceux qui commentent de nous aider avec leur silence”, en sommant donc littéralement les journalistes de se taire, en usant d’une formule qui, dans le langage courant, est chargée d’une dose de raillerie, il a montré qu’il s’est trompé d’époque politique.
Il n’échappe à personne que ce sont les propriétés soporifiques du football qui intéressent le pouvoir, lequel l’entoure de tant d’attention. Il serait regrettable de vouloir en faire aussi un moyen de répression de liberté d’expression.    


M. H.


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1 réactions
yalaoui07 le 18/11/2017 à 14h46

Mr Djebbour est ennemi de l'EN pour bien aimer les Verts!Il est algérien comme nous et a le droit de dire ce qu'il pense en tant que journaliste ou en tant que simple citoyen.Quant à son job,il a le droit de bosser jusqu'à ce que la loi le lui permet.M Madjer doit avoir deux à 3 salaire en plus de ses pensions de retraite,pourquoi pas Maamar.

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