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contrechamp / ACTUALITÉS

L’épisode “tebbounien” de l’arrêté sur les “thématiques”

En publiant son arrêté sur le mode d’attribution de chaînes de télévision thématiques, le ministre de la Communication s’est contraint à une brusque volte-face. L’initiative menaçait, en effet, de perturber un système audiovisuel déjà réparti et rodé à sa fonction politique. Djamel Kaouane s’est, en quelque sorte, rendu coupable d’une “tebbounerie” à échelle restreinte.
Au passage, on observera que le censeur suprême n’a pas pris connaissance du contenu de l’arrêté avant sa publication. Comme dans le cas du plan “transparence et recouvrement” avorté de Tebboune, il a donc réagi – à moins qu’on ne l’ait fait réagir — a posteriori. Bien que désormais instruit des réels rapports entre l’argent et le pouvoir, le gouvernement actuel s’est égaré cette fois-ci. Dans cette affaire de “thématiques”, il ne pouvait tout de même pas envisager que les membres de la “famille” de l’audiovisuel algérien, comme l’appelle le ministre, allaient se laisser astreindre à prendre des associés, des professionnels pour ceux qui ne le sont pas eux-mêmes, à se contenter d’un maximum de 40% de parts de capital et à avancer un apport financier par ces temps de vaches maigres  !
Cet “incident” est la répétition de l’affaire des usines de montage automobile. Avec la différence que l’opération des “thématiques” engagerait moins d’argent et plus de politique (notons l’omniprésence du couple infernal !). Le ministère de la Communication mettra probablement autant de temps pour “réétudier” son arrêté que le ministère de l’Industrie est en train d’en mettre pour réviser le cahier des charges des projets d’“industrie” automobile. L’autre différence vient de ce que “l’erreur” n’est pas intentionnelle et n’a pas le dessein prophylactique auquel prétendaient les mesures annoncées par Tebboune et son ministre de l’Industrie.
Au vu de son action, il est clair que le gouvernement Ouyahia n’a d’autre feuille de route que celle de laisser les choses en l’état. Surtout ne rien toucher. Ça a marché jusqu’ici et ça marchera encore : opposition atrophiée, libertés étouffées, vote contrôlé, candidats présélectionnés, télévisions encadrées, clientèle affairiste comblée, rentes sociales maintenues… Il restait à trouver l’argent nécessaire à l’entretien du statu quo, et il a été trouvé, enfin… fabriqué.
Rien ne doit venir indisposer la coterie. Ni réduire l’effet anesthésiant de la politique sociale. S’il est prévu d’imprimer 1 800 milliards de dinars pour 2018, l’année de campagne, ce n’est pour mécontenter ni les uns ni les autres. Il n’y a qu’à prendre exemple sur le ministre de l’Énergie qui, jeudi dernier, nous rassurait sur les réserves d’hydrocarbures. Des fois que nous croirions qu’avec la chute du prix du brut, ce serait la fin des haricots, et que nous devrions nous mettre au travail !
À ceux qui ont pris l’habitude de s’enrichir sans investir et sans produire comme à ceux qui ont pris l’habitude de se nourrir et de se loger sans travailler : le filon n’est pas tari, de nouvelles découvertes ont été faites cette année encore, et ce n’est donc pas demain que le gouvernement nous demandera de nous mettre au travail. Restez calmes, le pouvoir s’occupe de tout.


M. H.


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