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contrechamp / ACTUALITÉS

“Les choses pas normales” de Sonatrach

Dernièrement, Ould Kaddour déclarait à Oran qu’il a vu “des choses pas normales” depuis son arrivée à Sonatrach. Même si le P-DG n’insinue pas qu’il s’y produise des faits de grenouillage malsain et de malversation, les Algériens se doutaient déjà, et depuis un certain temps, qu’il se passe des “choses pas normales” dans cette maison de verre opaque.  
Mais le plus grave n’est pas dans son éventuel déficit de management et d’organisation. Sonatrach a été atteinte dans sa crédibilité de gestionnaire de la rente nationale, dans sa vocation d’institution veillant sur l’intégrité de la ressource du pays ! Or, il s’y est passé des choses tellement pas normales que les enquêteurs les plus sagaces n’ont pu démêler les écheveaux qui s’y sont noués. Et les magistrats les plus expérimentés non plus. Certains qui s’y sont essayé y ont laissé leurs carrières.
Mais le patron de la compagnie pétrolière devrait être le dernier à s’émouvoir de ce qu’il se passe des choses pas catholiques. À BRC, une étrange composition faite de beaucoup de Sonatrach et d’un peu de Kellogg Brown and Roots, il s’est passé “des choses pas normales”. Tellement pas normales qu’on a dû jeter le bébé avec l’eau du bain pour effacer les traces des phénomènes paranormaux qui s’y sont déroulés et qui ont fini par être éventés.
Mais, voyez-vous, les Algériens ont fini par distinguer la personnalité de Sonatrach de sa gestion. Sa personnalité, c’est la nationalisation des hydrocarbures, c’est le labeur de techniciens sur des sites arides et chauds, c’est la maîtrise technique du cycle complet de la filière hydrocarbures, c’est la récolte minutieuse des royalties, ce sont les centaines de milliers de bourses de formations professionnelle et scientifique, c’est le sponsoring quasi universel d’activités culturelles et sportives. Quant à sa gestion, ce fut, à une époque, l’affaire de ses dirigeants et managers ; mais, désormais, sa gestion ce sont Sontrach 1, 2, 3… Ce sont… les affaires de certains dirigeants. Des affaires qu’on enterre dans de sommaires procès. Ou des affaires qu’on préserve de ce destin infamant.
Aujourd’hui, on n’émeut plus personne lorsqu’on révèle qu’il y a des choses “pas normales” à Sonatrach. Aux yeux du public, sa gestion est frappée du discrédit qui frappe le régime. Ce régime dont la défiance a, entre autres causes, ce fait d’avoir permis à la coterie de déchoir Sonatrach au rang d’instrument de cupides détournements.
Peut-être que le propos d’Ould Kaddour est que Sonatrach a besoin de restructuration organique. Et que la filialisation n’est peut-être pas une bonne option structurelle. Pourquoi alors ne le découvre-t-on qu’avec la crise ? Jusqu’ici, l’abondance financière était telle qu’on fit même du Mouloudia une filiale ! Que peut faire le management contre la politique politicienne clientéliste et dissipatrice ?
Il en va de la gestion comme de la politique, et de l’entreprise comme d’un pays. Si ce n’est pas la morale qui préside à la conception des règles du jeu, il est inutile de les changer : les nouvelles porteront les mêmes tares que les anciennes et ne se renouvelleront que les procédés de leur mise en œuvre.


M. H.


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