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contrechamp / ACTUALITÉS

Les conditions de reproduction du terrorisme

Les Algériens ont rendu hommage aux deux policiers tués dans l’attentat terroriste de Tiaret. Sur Internet.
À Barcelone, les habitants sont sortis, rejoints par des Espagnols venus d’autres régions et de toute l’Europe. S’il est rassurant de voir la désapprobation partagée sur le Net, le terrorisme ne se combat pas à coups de posts et de tweets anonymes. Surtout que les soutiens et les indifférents, eux, n’allaient pas le crier sur tous les… réseaux sociaux.
Si l’islamisme meurtrier a pu se répandre à travers le monde et à atteindre des contrées, comme l’Australie ou la Finlande, si éloignées de l’épicentre wahhabite du terrorisme, c’est parce que, dans les pays musulmans, où il a pris naissance, nous n’avons pas été assez nombreux à le combattre. Au-delà, pour se répandre, il lui fallait aussi recruter… des jeunes musulmans. Et convertir à l’islam, là où il peut, de jeunes nationaux avant de les transformer en tueurs insatiables ou en bombes à retardement.
Chez nous, la théorie du musulman “égaré” a la vie dure : on feint encore de s’étonner que le kamikaze de Tiaret se soit fait exploser le jour de l’ascension du mont Arafat ! Une excommunication posthume qui nous déchargerait de toute coresponsabilité ! L’islam, ce n’est pas lui ; c’est nous… Et nous voici, nous et l’islam, tirés d’affaire ! Le terroriste n’en a que faire de notre invalidation religieuse de son acte ; il en a une, celle de son projet de résurrection, chevillée au corps, sans jeu de mot, s’agissant de kamikaze. De son point de vue, il a, par son geste, honoré le prophète et sa religion en se “sacrifiant” en cette auguste date. Du moins, c’est ce qu’on lui a appris à l’école, dans la prison, sur le réseau ou dans la mosquée où il a été retourné avant de rejoindre le maquis ! Et en jouant au jeu de l’argument religieux, c’est la parole de son “école”, au double sens du terme, contre la nôtre.
C’est la voie facile que d’emprunter le raccourci du terroriste désincarné, sans référence à sa formation idéologique à base de matériaux puisés dans le corpus littéral islamique. Ce serait un terroriste sui generis qui se serait “radicalisé”, comme on dit aujourd’hui. Pour ne pas dire “auto-radicalisé”. Surtout que cela se passe sur Internet : une histoire de mauvaise rencontre qui arrive à des jeunes en se promenant sur le Web. Du coup, se trouve éludée l’existence d’un mouvement politique, fondé sur un projet totalitaire et transnational, usant d’une stratégie de guerre soutenue par une idéologie qui revendique son essence islamique.
Au plan national, la lutte contre le terrorisme, même militairement efficace, n’a pas d’effet éradicateur parce qu’elle n’est pas soutenue par une lutte contre l’islamisme reproducteur de terrorisme. Au plan international, le résultat de la lutte contre le terrorisme est aussi annulé par la fécondité terroriste de l’islamisme. Il en naît plus qu’il en meurt, tout simplement. Dans l’intimité des réseaux informatiques, des “quartiers” et “communautés”, en Occident, et avec la contribution souveraine des États qui leur aménagent l’éducation et les lois qui confortent leur projet, dans le monde musulman. Cet entêtement à combattre l’effet en ménageant la cause fonde la prospérité, certainement durable, du terrorisme.


M. H.


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