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contrechamp / ACTUALITÉS

Les “constantes” nationales effectives

Quand le Premier ministre, qui est aussi le chef du deuxième parti du pouvoir, se plaint de fraude, l’acte participe de la banalisation du fléau. Il serait présomptueux de vouloir échapper à un dommage qui frappe même l’autorité !
La fraude électorale est caractéristique des régimes électifs non démocratiques. Depuis l’indépendance de l’Algérie, elle constitue une “constante”, une vraie celle-là, une permanence. Après la parenthèse 1990-1991, la triche a repris mais avec un niveau de planification et un mode d’application encore plus évolués car le pays était passé au multipartisme. Mais toutes les institutions, désormais baptisées “républicaines”, sont restées acquises au bon vouloir du pouvoir.
Après avoir déserté la scène politique en 1992, en partie pour ne pas avoir à affronter les FIS et en partie pour s’allier aux islamistes, le FLN a repris la majorité parlementaire en 2002. Entretemps, le RND, à peine créé de toutes pièces, avait remporté les législatives de 1997 (156 sièges contre 62 pour le FLN). Pour son “retour”, en 2002, le FLN s’est offert une augmentation de 137 sièges, passant de 62 députés à 199 ! Et le RND a chuté de 156 à 47 sièges !  
Mais le FLN ne s’est pas contenté d’une revanche de score ; il mit en place une commission d’enquête sur la fraude qui permit cette large victoire du RND en 1997. Mais, dans un réflexe d’autodéfense solidaire du système, ses conclusions ont été gardées secrètes.
Il semble que l’ex-parti unique n’en a pas encore fini avec sa guerre de positions avec son principal associé, si l’on s’en tient aux tacites échanges d’amabilités entre eux pendant la campagne et à la plainte d’Ouyahia contre les fraudes ayant sanctionné des candidats de sa formation. Le Premier ministre n’a donc pas pu contenir la fraude et n’a pas pu se retenir de protester.
La fraude découle de ce que le pays endure un système de prédation. S’y mesurent des forces mues par l’attrait de la rente. Des clans s’y disputent le magot dans une mêlée interminable d’avides convoitises. Le langage politique n’est là que pour couvrir la vraie compétition autour du butin. Mais hors micro, l’argument politique laisse place à la raison matérielle. Au point où les places de candidats se vendent et s’achètent.
La corruption est la seconde “constante”. Ayant “réinitialisé” toutes les activités nationales, pour les rendre compatibles à son logiciel, elle ne peut ignorer la plus fructueuse d’entre elles : la politique. La fraude et la corruption se complètent comme fondements de notre système politique. Il restera toujours quelques résistances, des personnes et des collectifs, attachés à une saine pratique d’un combat de conviction, d’un combat pour l’intérêt général, qu’il soit de nature politique ou sociétal.
Mais quand ceux-ci viennent à perturber le cycle tranquille fraude-corruption, ils déclenchent les représailles du système. La répression “constante” sévit dès que s’exprime, chez l’opposant, la simple intention d’agir.
Ce sont ces trois “constantes” nationales qui fondent l’immuabilité de notre ruineux système.


M. H.


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Commentaires
1 réactions
Fraternity le 30/11/2017 à 14h52

Ce qu'on appelle l'autoflagellation non assumée; c'est le fait par lequel le système se blâme lui même sans tirer les conséquences de son acte par la repentance. Il s'agit simplement d'un langage hypocrite puisqu'il n'est pas assumé par des actes. Le régime on se dénonçant lui même veut dissimuler son véritable visage, voyou et délinquant, qui n'a d'équivalent nulle part sauf peut être chez la mafia sicilienne ou on tue la personne et on assiste au cortège funèbre de son enterrement.

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