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contrechamp / ACTUALITÉS

Les élites et la répression

Les commentaires ont été unanimement offusqués. Un peu comme si on découvrait que l’Algérie est un État répressif. Et un peu comme si le réflexe répressif du pouvoir, qui ne s’est jamais démenti, devait se limiter à mater la masse et épargner ses élites.
Le régime ne fait pourtant pas mystère de son choix d’empêcher toute manifestation collective destinée à exprimer un message politique, social ou culturel, dans le pays en général et dans la capitale en particulier. Il fut même une époque où l’on se scandalisait de voir la police matraquer…les députés, et cela n’a rien changé à cette répression qui, pour le régime, constitue une fonction salutaire.
Du point de vue du pouvoir, la répression  constitue l’un des deux fondements de sa “stabilité”. L’autre étant celui de la corruption, une corruption dosée en fonction de l’utilité ou de la capacité de nuisance de chaque catégorie sociopolitique. Dans l’échelle politique des valeurs, la différence entre citoyens et groupes de citoyen se fait donc entre les pour et les contre, pas entre élites socioprofessionnelles et catégories populaires ou entre brillants et médiocres. Chacun peut prétendre à une part du gâteau évaluée selon sa contribution à la “stabilité” du régime. Mais il ne faut pas que l’expression de cette demande prenne des allures de mouvement de pression. Cela déclenche alors le réflexe d’autodéfense du régime. Celui-ci consiste en un déploiement de forces qui allient, toujours, la disproportion des moyens à la violence de la réaction. Ces deux excès visent, probablement, à délivrer un message de dissuasion contre toute autre velléité “subversive”. Si cette violence procédait de simple zèle d’agents, elle se serait estompée depuis le temps qu’elle est dénoncée. Il faut rappeler l’épreuve d’humiliation filmée, qu’un policier a infligée à un étudiant en pharmacie en février dernier. L’émoi suscité alors par la vidéo et la sanction d’un agent ne semblent pas avoir modéré la violence des interventions.
La répression, multiforme, vise à entretenir un sentiment de peur chez le citoyen, une peur politique qui tend à le pousser à se réfugier dans la passivité, à renoncer à sa citoyenneté. Il le découvre le jour où il veut s’exprimer : le deal qui lui assurait son statut de “citoyen respecté” était qu’il se taise.
Le complément de la répression et la dépendance matérielle de la rente sont à l’origine du blocage du développement économique et culturel de la société. Outre qu’il oriente la rente vers des destinataires économiques et sociaux choisis en fonction de critères politiciens, le pouvoir bloque toute initiative économique citoyenne pour empêcher que les entrepreneurs et les classes travailleuses accèdent à quelque forme de subsistance et de prospérité autonomes. Cela les libérerait de cette dépendance politique que tout régime totalitaire recherche.
Dans ce système qui a besoin d’uniformiser mentalement son peuple, les élites sont une gêne plutôt qu’un atout. C’est pour cela que l’école a durablement subi une politique de contre-développement. Dont on constate les dégâts jusque dans les communiqués des médecins résidents. Cette émotion vient, paradoxalement, de ce que, sous ce régime répressif, les élites se croyaient privilégiées. Or, la démocratie est une ou ne l’est pas.

M. H.


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