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contrechamp / ACTUALITÉS

Les enfants de la rente et ceux de la harga

Il y a deux mois, le P-DG d’Air Algérie déclarait sur une chaîne de télévision : “Je suis moi-même père de famille, et si je devais intervenir pour faire recruter mon fils, je le ferais.”
Cette réponse se voulait railleuse de la critique suscitée par la sérieuse question de l’usage népotique des structures extraterritoriales de la compagnie par une nomenklatura en quête de situations de rente offshore aux proches. En la matière, il ne s’agit point de “faire recruter son fils”. Tout le personnel — temporairement — affecté ou localement recruté à des postes à l’étranger n’est pas dans cette situation. Le  problème se pose pour ces affectations motivées par le seul souci de placer des privilégiés politiques à des postes au seul effet de bénéficier — durablement — de la position et du revenu qui y sont attachés.
Certes, les bourses d’études, les prises en charge médicales et les représentations diplomatiques, entre autres, constituent aussi autant de vecteurs de répartition sélective, abusive et arbitraire d’une partie des ressources publiques. Et les responsables qui sont en charge de la gestion de ces activités, et qui doivent assumer ce côté prébendier de leurs fonctions, peuvent se justifier de ce qu’eux aussi auraient naturellement fait l’effort d’assurer les études, les soins ou… l’emploi de leurs proches.
Ces avantages de classe ne sont inscrits nulle part. Comme, par exemple, est inscrite dans la loi la ségrégation en matière de retraite entre cadres de la Fonction publique et le reste de la population active. Mais la pratique de ces privilèges de nomenklatura, bien qu’informelle, est codifiée. Tôt, les enfants de la caste savent ce à quoi ils peuvent prétendre : bourses, choix professionnels et autres exonérations et autorisations qui les préservent de la précarité de la jeunesse ordinaire.
C’est un secret de Polichinelle que le piston constitue le mode dominant de pourvoi aux postes à l’étranger, des plus basiques aux plus prestigieux. La moindre des choses est de comprendre les frustrations qui tourmentent les paumés d’entre nos jeunes devant le détournement de ressources de l’État au profit de jeunes plus favorisés. La moindre des choses est de ne pas s’ébahir devant le phénomène de la “harga”, de faire semblant de ne pas se l’expliquer et d’aller jusqu’à le traiter en acte de délinquance répressible. Quand on a la volonté d’échapper à sa condition et qu’on n’a pas le loisir de prendre la voie des airs, on finit tout de même par se jeter à l’eau.
C’est ce même réflexe répressif qui, peut-être, a inspiré l’Ordre des médecins dans sa décision de refuser aux praticiens les attestations professionnelles qui pourraient leur être utiles dans un éventuel projet d’expatriation. Nos dirigeants ne veulent pas que leur système-alibi se dépeuple de ses docteurs, même s’ils n’ont pas besoin de ses services. Et l’Ordre fait le boulot : on a de la peine à croire que cette mesure d’inspiration soviétique soit née dans la tête d’hommes de sciences et d’humanité !
C’est typique des dictatures : le droit de sortie du territoire y est conçu comme un privilège de puissants ; les dictateurs ont tendance à le privatiser.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 29/01/2018 à 16h19

Ils ont eu tout: des biens vacants, des terres agricoles, de la mainmise sur la haute administration, des licences d'exploitation et d'importation, des diplômes de complaisance, des bourses d'études pour leur rejetons, des prises en charge de soins à l'étranger, des banques et de l'argent public, des unités économiques, des passeports diplomatiques, des emplois fictifs.. Et ils ont le culot d'arrêter et d'emprisonner nos enfants, parce qu'ils veulent partir pour une vie meilleure !

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