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contrechamp / ACTUALITÉS

Les états-Unis, l’Iran, etc. Et nous ?

Ironie des événements : l’Algérie, qui fut le premier pays “arabe” à rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran, est en passe d’être l’un des derniers à les entretenir encore. Plus encore, ce sont de supposés agissements de l’ambassade d’Iran à Alger que le Maroc a prétextés pour couper, à son tour, les liens avec ce pays.
L’Algérie, peut-être sensible au souvenir du nationalisme pétrolier de la période Mossadegh, entretient avec les Iraniens une amitié qui leur a, parfois, été utile. La République islamique qui nous a payés de notre entremise dans l’affaire des otages américains en apportant, dans les années 1990, son soutien à l’hégémonie islamiste et en contribuant à la formation des premiers groupes terroristes. Mais notre régime actuel ne lui a pas tenu rigueur de cette l’ingratitude et a rétabli les rapports rompus dans les années 1990.
En termes d’activités déstabilisatrices, l’Iran n’est, en effet, pas un enfant de cœur. Mais si les États-Unis tiennent à affaiblir ce pays, c’est pour une protection préventive d’Israël, d’abord, et des alliés arabes du Golfe et de leurs champs pétroliers, ensuite. Dans cette perspective, l’Amérique ne veut plus attendre de confirmer les velléités atomiques de l’État iranien ; elle veut conjurer, par anticipation, cette perspective même. Avec une telle attitude, aucun accord n’est donc assez rassurant pour Donald Trump.
Amérique, Israël, Arabie, même combat ! Ce qui a l’avantage de faire passer la poussée expansionniste d’Israël sous silence, de faciliter l’enterrement progressif de la solution à deux États et celui, subséquent, de la question nationale palestinienne.
Et l’Algérie dans tout cela ? Elle a oublié de s’adapter à un monde qui n’est plus bipolaire, mais qui est structuré par une hyperpuissance secondée de moyennes puissances (Europe, Russie, Chine) manquant d’arguments pour la contraindre à composer. Elle a aussi oublié de se sortir du panarabisme déclinant au point d’assister, en spectateur, à des réunions de “Ligue arabe” réduite à une coalition anti-iranienne.
Dans la configuration géopolitique actuelle de l’ensemble Maghreb- Moyen-Orient, l’Algérie se retrouve dans un superbe isolement. À faire de l’équilibrisme pour conserver l’entente cordiale avec le royaume saoudien et l’amitié de l’Iran. Et à s’assurer une existence diplomatique a minima en faisant valoir ce qu’on a fini par lui reconnaître comme compétence distinctive, comme on dit en management : la médiation dans les situations de conflit. Une fois au Mali, une autre fois en Libye…
De plus en plus, deux tares géopolitiques se font sentir chez nous, comme chez nos voisins de l’Est et de l’Ouest d’ailleurs : la prédominance de la référence idéologique et culturelle sur la référence géopolitique et économique dans notre positionnement international, d’une part, et l’absence de Maghreb politique pour peser un tant soit peu dans le réseau des rapports mondiaux, d’autre part.
En matière de relations internationales, nous nous sommes un peu attardés aux concepts de pan-nationalisme, de bipolarité et de non-alignement. Cette inadaptation géopolitique fait que chaque crise, même si elle éclate dans le voisinage, nous donne l’impression que les choses se font sans nous.


M. H.


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