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contrechamp / ACTUALITÉS

Les libertés… entre “nous”

Un 24 Février pris en tenailles entre un rapport accablant d’Amnesty International et une visite humiliante de Recep Tayyip Erdogan. C’est cela l’Algérie indépendante : de prestigieux repères soutiennent de coupables pratiques.
Passons sur le fait d’accueillir le chef d’un État frère… musulman, au moment où il envahit un pays frère… arabe. Un chef d’État qu’on reçoit au pire moment de l’histoire récente de son pays. Au moment où ce pays, qui, il n’y a pas longtemps, était une démocratie, intensifie l’oppression des kurdes et la répression de leurs mouvements. Aujourd’hui, il pourchasse leurs congénères syriens dans leur propre pays. Mais les Turcs en général ne sont pas mieux lotis : aujourd’hui, Erdogan dirige “la plus grande prison de journalistes du monde”, qu’est devenu son pays. Ils sont cent soixante à croupir dans ses geôles, affublés de l’uniforme infamant des putschistes, pour les uns, ou de l’uniforme réservé aux terroristes, pour d’autres ! Des journalistes ont fui la Turquie et d’autres ont perdu leur travail parce que les médias qui les emploient ont été fermés.
Même si l’Algérie n’est pas en brillante position au classement RSF (134e sur 180 en 2017), elle a trouvé, en la Turquie, pire parmi les prétendues démocraties du monde musulman répressives de la liberté d’expression (155e).
En matière de relations internationales, les droits de l’Homme et les libertés n’ont jamais été déterminants dans le rapprochement et l’éloignement entre les États. Ceci est encore plus vrai dans notre espace culturel où l’individu n’est pas perçu comme un sujet politique et moral. Le prétexte de la prééminence de la communauté renvoie l’homme à un statut d’inexistence politique. Il n’existe que des entités : la foule, la tribu, le parti, le peuple, la communauté ou oumma… selon le niveau spatial considéré.
Alors, s’il faut emprisonner, maltraiter, exiler ou éliminer des individus pour assurer la cohésion, l’ordre et la prospérité de l’ensemble, l’individu a le devoir de renoncer à ses droits les plus naturels, la finalité conçue pour la communauté le lui exige. Et elle s’arrange toujours pour le lui exiger. Quoi de plus aisé que de gérer une nation sans avoir à tenir compte des besoins de ses membres ! Et avec la latitude de les sacrifier ! Nos “constantes” légitiment la dictature.
Sur la question des libertés et des droits des citoyens, l’inventaire dressé par Amnesty des atteintes enregistrées en 2017 en Algérie est éloquent : restriction sur les réunions, violation des libertés d’association, de culte, d’expression et “maltraitance des migrants”. Et, surtout, “l’impunité pour les atteintes aux droits humains commises par le passé est restée la norme”, note l’ONG.
Ces mœurs politiques font que nos rapports entre pays musulmans ne s’embarrassent point de l’état des droits sociaux, culturels et politiques des citoyens, abusivement appelés ainsi, dans leurs relations. D’ailleurs, l’épreuve syrienne l’a montré : quand leurs intérêts divergent, on ne sait plus qui est avec ou contre qui ? Ni pourquoi ?
C’est donc un Erdogan venu en “frère” de culture et en voisin de classements ONG qui inaugurera la mosquée ravalée que nous avons héritée en butin de guerre de la colonisation ottomane.


M. H.


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1 réactions
Fraternity le 26/02/2018 à 13h41

Le pays par sa gouvernance nationaliste-Islamiste croule sur un passé sanguinaire non assumé; il s'agit des massacres du peuple Arménien, qui résonne encore. La Turquie refuse obstinément de reconnaître et d'assumer son passé. Le pays s'isole de plus en plus et trouve refuge chez les dictatures, après que l'Europe "démocratique lui a fermé les portes d'adhésion. La visite économique d'Erdogan sera marquée par les conseils de son excellence à son hôte pour se maintenir à vie au pouvoir.

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