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contrechamp / ACTUALITÉS

Les musulmans, une communauté ?

Partout des musulmans souffrent. Un génocide fait oublier l’autre qui se poursuit alors dans l’insonorité et l’invisibilité. L’attention de la “oumma” se déplace au fil de la transhumance des médias. L’organisme des Nations unies chargé des réfugiés ne sait plus où donner de la tête : Palestine, Darfour, Syrie, Irak, Yémen, Birmanie… Les tragédies se télescopent et nous émeuvent au rythme de leurs médiatisations successives.
Palestiniens victimes d’une politique de colonisation et d’apartheid en Israël, Syriens cibles du terrorisme et de la dictature dans leur pays, musulmans victimes de l’intolérance hindoue en Inde, Kurdes réprimés pour leur sentiment national en Irak, en Turquie et en Iran, chiites brimés en Arabie saoudite et au Bahreïn, sunnites mis au ban en Irak, Fours victimes du racisme arabe au Soudan, Ouighours endurant la répression de la dictature chinoise, Rohingyas frappés de déni d’humanité et de citoyenneté, décimés en Birmanie…
Partout dans le monde, des groupes musulmans subissent la violence, l’étouffement et la proscription. Des États, mais aussi d’autres communautés religieuses et d’autres branches cultuelles de l’islam pourchassent oppriment et, parfois, exterminent des populations ainsi ciblées comme groupes confessionnels ou ethniques. C’est là un tableau sommaire du supplice subi par de nombreux groupes socioculturels musulmans, parfois par des sociétés entières.
On peut ajouter à cette diversité de situations de persécution le fait que les musulmans vivent, dans leur écrasante majorité, sous des dynasties moyenâgeuses ou des Républiques dictatoriales. Leurs dirigeants n’en sont pas encore à l’âge politique de la citoyenneté et sont encore inaccessibles aux idées de droits de l’Homme. Même lorsqu’ils les inscrivent au fronton de leurs suzerainetés, c’est juste pour s’assurer la fréquentabilité d’une “communauté internationale” qui, parfois, leur demande de mettre un peu de forme dans leur despotisme.
D’ailleurs, les musulmans qui sont nés dans les pays démocratiques d’Occident ou qui ont choisi d’y vivre n’échappent parfois pas à l’intolérance suscitée par la montée des nationalismes économiques et par l’effet psychologique du terrorisme islamiste.
Au retard politique du monde musulman s’ajoute, justement, l’effet justificateur de l’islamisme. Les dictatures locales puisent dans le terrorisme islamiste la légitimité de leur comportement. Y compris quand ces régimes sont les concepteurs et les sponsors de l’idéologie de l’islamisation par la violence. Y compris aussi quand c’est dans leur arbitraire que l’islamisme trouve argument à son bellicisme.
Le panorama est tel qu’il semble que tout musulman se trouve en situation de délivrer de la violence ou d’en subir. Et on n’entend pas se lever dans la “communauté” les voix clamant l’urgence de faire cesser la souffrance de leurs “frères”. On voit encore moins des musulmans voler au secours de leurs autres “frères” violentés, proscrits, refoulés, affamés…
C’est étrange ces musulmans qui “défendent” si ardemment, et pour certains si sauvagement, leur religion, mais qui prennent si peu de risques pour atténuer le calvaire de leurs coreligionnaires !        

M. H.


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