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contrechamp / ACTUALITÉS

Les partis et le changement à venir

Ouyahia a raison de signaler l’inconsistance politique de la proposition de Makri pour un consensus de transition.
Une transition, c’est le passage aménagé d’un système vers un autre. Elle suppose donc définir, au préalable, le système qu’on veut démanteler et le suivant qu’on veut mettre sur pied. C’est ce que le leader du MSP ne nous dit pas : vers quel autre système veut-il passer ?
La proposition ne peut pas, non plus, se justifier par “la crise”, si cette crise n’est pas décrite. Il n’y a pas de crise politique, puisque le régime se maintient et ne veut rien changer en lui. Il a seulement moins d’argent que les années précédentes, mais puisque la masse consent à une baisse de son revenu réel, le reste est gérable.
La santé du Président ne constitue pas un élément de crise, puisque le régime estime qu’elle n’affecte pas son fonctionnement. Il n’y a pas de crise institutionnelle, puisque l’armée se déclare en état d’assurer sans encombre ses missions constitutionnelles sous ce régime et puisque, jusqu’ici, la plupart des partis ont volontiers participé à la vie institutionnelle, et notamment électorale, sous ce même régime.
Si c’est pour liquider le régime Bouteflika, forme actuelle du système militaro-politique algérien, le leader du MSP s’est trompé de moment. Il a trop tardé dans l’alliance de pouvoir pour initier un processus de destitution et de succession à ce pouvoir. Il s’est aussi trompé de partenaires en allant quêter ses alliés transitoires parmi les soutiens de l’ordre en place, l’armée et les partis de l’alliance de pouvoir. Il aurait pu ajouter le FCE, l’UGTA, l’association Ouled El-Houma, quelques zaouïas et bien d’autres indéfectibles adeptes du cumul infini de mandats.
Ouyahia a aussi raison de proclamer que le fait “qu’une personne parlant d’un consensus politique à la veille des rendez-vous électoraux est en droit de se porter candidate et que le choix reste au peuple”. C’est ce que les partis de l’alliance, bien sûr, mais de l’opposition aussi ont fait depuis vingt ans. S’ils ne croyaient pas à la sincérité du vote, pourquoi sont-ils allés l’entériner et s’y compromettre et en y participant plutôt cent fois qu’une ? Pour nos partis, dont le régime a su convertir les dirigeants au carriérisme électoral, il devait y avoir plus tentant dans la participation que dans le combat pour une réelle démocratie !
N’est-ce pas une aberration, en effet, que de vouloir abattre et remplacer un régime qui a été porté au pouvoir par un système d’élection qu’on a toujours par une participation régulière. N’est-ce pas “pure tactique”, pour reprendre les termes du chef du RND, que de trouver des raisons d’adhérer durablement à un système, en s’y alliant ou en prenant part à ses ersatz d’élection, et de trouver, plus tard, d’autres raisons d’appeler à sa suppression et à son remplacement ?
On ignore la manière dont le régime actuel finira. Mais la vérité est qu’en Algérie, les régimes n’ont jamais été changés par un processus institutionnel prévu à cet effet, et encore moins par la volonté des partis. Même quand il y avait encore des électeurs. Le régime cessera autrement, mais de manière encore imprévisible. Et les partis institutionnels seront donc logiquement emportés avec le régime dont ils sont partie intégrante.


M. H.


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