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contrechamp / ACTUALITÉS

Les “réformes” d’un régime irréformable

Jusqu’en 2014, l’Algérie a vécu quinze ans d’abondance. Et quinze ans de gabegie.  L’abondance a permis la gabegie. Et la gabegie a eu raison de l’abondance.
La baisse soudaine du prix du baril a révélé le règne de Bouteflika pour ce qu’il était : une longue période d’improductive dissipation de la rente. Si le moment où la crise allait advenir n’était pas prévisible, cette crise était quand même prévisible dans son inéluctabilité. Or, le régime fut d’une imprévoyance telle qu’il n’a même pas anticipé les effets d’une éventuelle dépréciation de l’or noir sur sa propre stabilité. Probablement parce que, dans les prévisions de ses experts, une telle brutalité dans la baisse du prix des hydrocarbures n’a jamais été envisagée. Ou parce qu’ils pensaient que le trésor de guerre, réserves de change et du Fonds de régulation, suffirait à lui faire passer le gué de quelque passagère récession.
C’est peut-être pour cette raison qu’en quatre mandats le pouvoir Bouteflika n’a envisagé aucune réforme structurelle. Pour cette raison et pour d’autres, de politique et de stratégie de pouvoir : pour le régime, la finalité de développement ne pèse rien devant l’impératif de sa pérennisation. Or, si l’on exclut les obstinations  idéologiques désuètes, le développement ne peut s’amorcer que s’il est soutenu par des réformes mettant en place un cadre de promotion de l’initiative économique privée. On ne développe une économie ni par l’initiative et l’investissement publics ni par le contrôle politique de l’initiative et du capital privés. Il n’y a que le marché qui contraint à la compétition, engendrant les effets vertueux de la course à la rentabilité : croissance, expansion, diversification, innovation, amélioration de la qualité, développement des compétences, etc.
Et au lieu de cela, qu’a fait notre régime ? Il a voulu organiser un marché dont il choisirait les acteurs qu’il protégerait de toute concurrence ! Des entreprises qui sont “publiques” dans leur fonctionnement et “privées” dans leur statut. L’avantage, pour lui, est que dans cette situation de dépendance politique, le monde économique n’est plus un monde d’entrepreneurs autonomes. Ce processus de sujétion a fini par connaître une traduction structurelle : en pleine “démocratie” et “économie de marché”, un syndicat de patrons a évolué vers un fonctionnement “organique” qui rappelle le temps béni  des “organisations de masse”.
La fonction de promotion et de régulation de l’État s’est transformée en action de contrôle politique de la vie économique. Cette dérive, tout en créant des rentabilités fictives à l’effet de transfert de la rente, a entravé l’investissement pour le véritable développement.
Devant l’étendue de l’échec révélé par la crise financière, le Président a appelé tous les Algériens “au-delà du clivage, y compris politique”  à “l’adhésion aux réformes et efforts que cela requiert”. Or, tout est là : l’échec vient de ce que le régime a toujours conduit une politique à base de favoritisme et de clientélisme.
Oui, le régime n’a pas anticipé les effets, y compris politiques, de la crise. Sinon, il n’en serait pas à espérer la même “adhésion” aux mesures d’austérité à des Algériens qui n’ont pas eu le même bénéfice de largesses rentières passées.

M. H.


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