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contrechamp / ACTUALITÉS

Les scandaleux

C’est une fin de règne scandaleuse. Au long feuilleton de turpitudes que fut le régime finissant, succède un chassé-croisé communicationnel par lequel se déchirent deux institutions subitement brouillées jusqu’à l’affrontement.
À peine a-t-on cru déchiffrer le communiqué de l’état-major que “le Président” est venu se rappeler à notre attention par la présentation de sa démission au Conseil constitutionnel. Réponse à la sommation de Gaïd Salah ou manière de reprendre la main dans le duel ?
Auparavant, l’état-major de l’ANP s’était vu conforté par la cascade de révélations dénonçant les pratiques d’une “Présidence” usant de toutes sortes de machinations dans une tentative désespérée de peser sur la gestion de la transition qui devrait lui succéder.Tout se passe, côté “Présidence”, comme si le clan était prisonnier de son incapacité à admettre sa fin, s’enfermant dans une agitation décousue et suicidaire. Une fin de secte.Contraint aux manigances de dernière chance pour repousser l’heure de partir, Saïd Bouteflika s’emploie à repousser l’échéance en usant de marchandages souterrains, de faux et d’autres artifices peut-être… Depuis combien de temps fait-il ainsi survivre un frère Président impotent, voire inconscient, soumettant l’Algérie à l’autoritarisme et à la déprédation de “forces non constitutionnelles” ? La question se posera certainement plus tard de savoir comment il a fait pour réunir autant de complicités institutionnelles pour réussir cette durable situation de détournement privé de l’État.Pour l’heure, le voici pris la main dans le sac, avec faux communiqués et vraies conjurations.Les ressources du système sont insondables. Qui l’aurait cru ? Le général Toufik missionné par Saïd Bouteflika, force inconstitutionnelle s’il en est, pour convaincre Zeroual de diriger l’autorité de transition !
La réplique de “la Présidence” à la sommation de l’armée ne s’est pas fait attendre. Bouteflika a informé le Conseil constitutionnel de “sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République”, mais “une décision de mettre fin à son mandat” n’est pas encore une démission ! Sans compter le problème d’authentification qui, dorénavant, se pose à nous.Cela dit, le départ de Bouteflika, de toute manière imminent, marque la fin d’une étape importante de l’œuvre de récupération de la souveraineté populaire.Et pose de suite la question de la forme que devrait prendre le processus transitoire qui suivra.
Le chef d’état-major, qui proclame l’armée alignée sur les revendications populaires, se voit assigné à mettre en œuvre les requêtes clairement formulées par les millions de manifestants pacifiques, en particulier celle qui pose le principe de rupture totale avec le personnel du régime (“yetnahaou ga3”) et avec ses méthodes (en particulier en ce qui concerne le statut dans la vie politique). Le peuple a fait montre de patience et de résolution pour se débarrasser de la tête du régime ; il ne manquera pas de détermination pour mener à terme son désir de rupture. Et pour bâtir, enfin, son projet de république libre et démocratique.
Et tout cela avec la manière ! Combien la tenue de millions de citoyens contraste avec les mesquineries de ces scandaleux qui nous tiennent lieu de dirigeants !

 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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