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contrechamp / ACTUALITÉS

Les taxes de la discorde ?

Le Conseil des ministres, ajourné par deux fois, a fini par se réunir et adopter la loi de finances 2018. Sur décision du Président, précise-t-on, celle-ci a été expurgée des taxes sur les documents biométriques.
Avec une répartition de rôles soigneusement agencée, le scénario a fonctionné. Soutenu par une complaisance médiatique nécessaire à ce genre d’opération de propagande. Et au bout du compte, le gouvernement — ou le Premier ministre, c’est selon — est campé dans son statut d’appareil froid dont les considérations étroitement comptables allaient encore pénaliser le citoyen. En antithèse, est rappelée la nature bienveillante du Président soucieux d’éviter au peuple un surplus de sacrifices économiques.
Mais alors, doit-on mettre le fait d’avoir introduit la TVA sur les véhicules localement assemblés sur le compte du chef de l’État ou mettre cette mesure qui risque de donner un coup d’arrêt à l’expérience de l’industrie automobile sur le compte du méchant gouvernement ?
Le régime est fondé sur une autocratie absolue. “Le programme” et “les orientations” du Président justifient à longueur de déclarations les décisions et actions des ministres, walis et autres responsables. C’est la référence absolue censée enrayer toute critique ou remise en cause de leurs initiatives. Le questionnement même sur les capacités du Président ou sur sa légitimité nous est interdit comme un dépassement d’une de ces multiples “lignes rouges” derrière lesquelles le régime se barricade. En contrepartie du parapluie présidentiel, la soumission à cet autoritarisme est consentie par tout dépositaire d’une charge officielle, y compris dans des institutions arbitrales réputées indépendantes par nature, comme le Conseil constitutionnel ou la Banque centrale. Même les fonctions électives n’échappent pas à ce principe de sujétion à l’ultime autorité.
Que le gouvernement ou un de ses membres soient désavoués n’a d’ailleurs rien d’inédit. On peut rappeler la décision de session supplémentaire pour les… retardataires du baccalauréat 2017, désaveu éclatant pour la ministre de l’Éducation qui travaille sous état de siège islamiste, et qui n’avait donc pas besoin d’une telle contrariété. Mais, d’autres responsables ont fait l’expérience de ces dossiers qui, soudain, leur tombent des mains.
Ni le Premier ministre ni les ministres n’ont découvert cet aspect de leur régime au moment du dernier Conseil.
En fait, le ton a été donné par Bouteflika dès le début de son règne. Et les cas Benbitour et Rahabi semblent avoir été d’une efficiente pédagogie. Depuis, la Constitution a été révisée pour supprimer l’instance gouvernementale : il n’y a plus que des ministres et un Premier ministre qui coordonne leurs activités. Ce n’est que par abus de langage que la presse et la population parlent encore de gouvernement.
Il est de règle qu’en système, c’est le rang inférieur qui endosse les décisions de mauvaise presse. Ce qui n’empêche pas ses éléments de fonctionner dans l’harmonie organique. Sans bons ni méchants. Même si la vraie presse préfère entonner le clairon de l’intervention salvatrice que de considérer l’unité stratégique, et sans histoires à raconter, du régime.


M. H.


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