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contrechamp / ACTUALITÉS

L’état aussi fonctionne au minimum

L’Algérie n’arrive plus à programmer un Conseil des ministres. Et quand elle le programme, elle n’arrive pas à le tenir.
Il n’y a peut-être pas d’urgence à le tenir, ce Conseil qui fait polémique. Il n’y a pas d’urgence, en effet, à édicter et promulguer une loi de finances complémentaire, le gouvernement disposant d’une loi de finances en vigueur pour encadrer ses recettes et dépenses. Pourquoi donc un retard dans la tenue d’un Conseil devrait-il indisposer le pouvoir ? Et pourquoi nous indisposerait-il, nous les contribuables, la LFC en question ayant été conçue pour encadrer des surtaxes sur des produits comme la carte d’identité, le passeport et la carte grise qui, que l’on sache, ne sont plus des produits de luxe ?
C’est étrange, le gouvernement fait comme s’il avait oublié que nous payons déjà des impôts pour ce genre de services. Et puisqu’il fait valoir les prix de revient élevés de ses prestations numériques, nous pouvons lui opposer que ce n’est pas de notre faute si l’État ne maîtrise pas les coûts de ses documents biométriques et que nous connaissons un opérateur qui peut les faire à plus bas prix. Le monopole du service public ne devrait pas servir à saigner l’usager.
Mais là n’est pas le sujet. Il est dans ce qu’un Conseil des ministres, indépendamment de son ordre du jour, subit, depuis des semaines, un troublant va-et-vient autour de la date de sa tenue.
La manière dont est gérée la programmation de ce Conseil laisse penser que le pouvoir intègre une incertitude quant à son aptitude à la respecter. D’une part, il prend la précaution de ne pas trop s’engager sur son planning en communiquant par le truchement de “sources proches”. Celles-ci ont commencé par nous aviser d’un Conseil devant se tenir mercredi 9 mai. Mais, le 8 mai, la veille du rendez-vous, le Premier ministre annonce un Conseil pour “dans une à deux semaines”, donc pour au plus tard le 22. L’annonce directe d’une seconde échéance sert à ne pas endosser cette première annulation. Mais le Conseil ne se tiendra ni le 22, ni avant, ni le 31, comme finalement indiqué par les “sources”. Pas si finalement que cela, puisque la réunion de ce 31 n’a pas pu se tenir à son tour. D’autre part, ces allées et venues sont assorties de justifications controuvées. Il fut d’abord question d’une divergence de vue entre le Président et son Premier ministre, le premier n’ayant pas approuvé le niveau de taxation prévu, trop pénalisant pour les contribuables. Ould Abbes n’a d’ailleurs pas raté l’aubaine pour planter une banderille dans le périmètre d’Ouyahia pris en flagrant état de disgrâce en “révélant” que “le Président a demandé au gouvernement de revoir sa copie”. Visiblement, lui aussi s’informe aux “sources” puisqu’en s’exprimant ainsi, il a montré que la veille de ce nouveau rendez-vous manqué, il ignorait que le Conseil avait été encore reporté.
Cette fois-ci, c’est le décès de la mère de Medelci qui a fourni aux “sources” l’argument scolaire de ce raté. Car, si telle était la raison de l’ajournement, qu’est-ce qui aurait empêché de fixer une autre date, une troisième, pour ce Conseil ? Non, l’État en est là : en termes de fonctionnement institutionnel, il arrive, péniblement, à assurer le service minimum.

M. H.


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1 réactions
Louison le 03/06/2018 à 12h29

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, à chaque fois qu'un ministre inspecte un chantier d'envergure ils nous annoncent que le dit projet sera achevé vers la fin 2018. Et tout le monde l'a compris rien ne sera terminé à cette date mais ils ont trouvé une façon d'évacuer la pénible question de leur responsabilité dans ces retards récurrents.

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