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contrechamp / ACTUALITÉS

L’évènementiel comme substitut au réel

Le nombre de salons et forums économiques et technologiques qui se succèdent à Alger et à Oran donne le tournis. Tout y passe et repasse : énergie fossile et renouvelable, informatique, environnement, construction, agroalimentaire, finances, tourisme…
À peine un secteur a-t-il levé le camp de sa kermesse qu’un autre le remplace pour un bivouac à la Safex ou ailleurs. Parfois, ils se télescopent et c’est juste si les cortèges scintillants et claironnants de nos “ministres inaugureurs” ne se croisent pas sur la “Moutonnière”. Gageons qu’il y a dans chaque ministère un budget, une structure et des fonctionnaires dédiés à la seule activité d’organisation d’expositions, colloques, symposiums et autres formes de manifestations promotionnelles pour des industries, des techniques et des articles que nous ne produisons pas. Mais tout semble se faire dans un esprit de gestion d’“évènementiel”, quand cette gestion n’est pas confiée à une “boîte” choisie. Le propos, dans ces opérations vouées au prestige de l’initiateur plutôt qu’à l’efficacité de son action, est de ramener les sigles et les noms les plus significatifs dans le domaine et de réussir la gestion de l’instant d’inauguration…
Pourquoi l’Algérie accueille-t-elle une “conférence sur la contribution de l'économie numérique dans la croissance des pays Mena”, l’année où son budget inflige une taxe prohibitive de 30% (!) à l’importation des matériels nécessaires au développement de l’économie numérique ? Il y a déjà des manifestations institutionnalisées, comme le Med-IT, qui n’ont pas aidé nos autorités à saisir l’urgence d’une révolution numérique. Sinon, nous n’en serions pas encore à l’état de sous-développement du débit internet et à surtaxer les appareils informatiques, à surtaxer le développement numérique !
En théorie, l’association, dans l’actuel gouvernement, des questions d’énergie renouvelable et d’environnement en un même portefeuille devait découler de quelque complémentarité, voire quelque synergie, avérée entre les deux. Cela a servi à justifier un salon pour les énergies renouvelables qui n’a aucun intérêt s’il ne précède pas une résolution politique pour une réelle transition énergétique. Où sont le budget et l’instrument de recherche préparatoire à cette évolution ? En fait, seul le gaz de schiste, comme possible “complément alimentaire”, occupe l’attention de nos autorités. Les énergies renouvelables sont l’arbre écologique qui cache une politique énergétique de déprédation minérale.
Et s’il existe une volonté écologique, il suffit de l’exercer en combattant l’usage inconsidéré de l’emballage plastique, en traquant les décharges publiques qui saupoudrent tout le paysage national. Et pour faire sophistiqué, on peut aller jusqu’à exiger, effectivement, une étude d’impact par un organisme indépendant, y compris pour Sonatrach… avant la mise en place d’installations industrielles.
En pareil état des lieux, les activités promotionnelles techniques et scientifiques ressemblent à leurs homologues politiques : elles font la promotion de leurs acteurs plutôt que de leurs objets. C’est encore de la dilapidation politique de ressources publiques.


M. H.


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